INSULTES - SOTTISES

 

François Hollande, 4-11-2009, France Inter
« De toute façon il va falloir produire plus. Produire plus, je n’ai pas dit travailler plus. Il faut que notre économie génère encore plus de richesse. Moi je ne suis pas du tout pour la décroissance, pour le déclin, pour le malthusianisme. »

Dominique Nora, journaliste au Nouvel Observateur, auteur des Pionniers de l’Or vert (Grasset), Service public, France Inter, le 12-11-2009.
« Ce que je trouve vraiment rafraîchissant venant de Californie, c’est cette foi dans le progrès qu’on a un petit peu perdu en Europe, c’est-à-dire en Europe on dit “il faut pratiquement régresser, il faut être dans la décroissance”. »

Sophie de Menthon, présidente de la Société de management des entreprises (SDME), colonel de réserve dans la Gendarmerie nationale, présidente du syndicat patronal Ethic, chevalière de la Légion d'honneur, « très fière » d’avoir délocalisé ses centres d’appel. Émission « Paris-Berlin, le débat », Arte, 19-11-00.
« Il y avait un homme qui était très favorable à la décroissance puisqu’il était en train de mendier à la gare de Lyon l’autre jour et je lui dis – j’avais un euro, et donc je lui donne cet euro et je lui dis : “Tiens, soyez gentil : montez-moi ma valise” et, j’ai trouvé ça magnifique, il m’a dit, il m’a rendu mon euro et il m’a dit : “Je suis mendiant, pas larbin”, et j’ai trouvé ça extraordinaire parce que ça ne pouvait arriver qu’en France ! »

Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie numérique, Tu viens ? aux éditions Gallimard.
« La tentation est grande d’en appeler à la privation, en faisant la promotion, par exemple, de la décroissance. Je crois plutôt, et c’est bien différent, à la sobriété. »

LO

Pierre (?), Lutte Ouvrière, Cercle Léon Trotsky, 12-2009
« Les décroissants déplorent avec bien plus de virulence le sort des petits bourgeois des pays riches que celui des gamins qui meurent de faim en Afrique ou des ouvriers de ces mêmes pays riches. » etc.
Note de l'IEESDS : à Lutte ouvrière, un petit procès de Moscou pour la décroissance dans la ligne de celui conduit par Cyril di Méo ex verts. Citations interprétées à contresens, mensonges, procès d’intention, etc. (ici) Tout le dossier de Lutte ouvrière ici.

Alain Madelin, LCI, 22-11-2009.
« Est-ce qu’il y a réchauffement climatique sur le siècle ? Sans doute. Est-il imputable à l’homme ? Vraisemblable ment, bien que… il y ait aussi réchauffement sur Mars, sur Saturne et Pluton et on voit mal l’influence de nos 4 x 4 sur ces planètes. (…) Depuis dix ans c’est plutôt la panne du réchauffement climatique. [Les dix dernières années ont été les plus chaudes depuis que l’on mesure les températures] [la peur] est exploitée par les ennemis de la société capita liste : “Ça c’est de la faute de la so ciété capitaliste ; si on avait une société plus sobre ça serait formidable” (...) La solution y’en a qu’une : c’est le progrès technologique. Est-ce qu’il faut accélérer ce progrès ? Oui !! bien sûr. C’est la seule solution. Les solutions de restriction ne marcheront pas, et au surplus elles sont injustes et moralement insoutenables ».

La Riposte, « journal de l’aile marxiste du PCF (sic) » , 22-11-2009.
« Des idéologies ultra-réactionnaires – comme la “décroissance soutenable” – se drapent dans un discours écologiste. »

Christophe Barbier, directeur de L’Express, 19-11-2009.
« Le Vieux Continent est exemplaire, pionnier et prosélyte en urgences vertes, et la France est en tête (…) Les États-Unis ne refusent pas de monter dans le train du capitalisme propre, ils le freinent le temps de remonter le quai pour prendre les commandes de la locomotive. (…) Les trompettes de l'Apocalypse sont essoufflées. Imposer des privations, tantôt pour éviter les catastrophes climatiques futures, tantôt pour expier les pollutions passées, ne convainc pas plus les peuples en développement que cela ne motive les citoyens opulents. L'homme, pour ses enfants et pour lui-même, veut toujours plus et toujours mieux. Il faut en finir avec cet éloge de la sobriété, qui n'est qu'une préface pour l'évangile de la décroissance. (…) Nicolas Sarkozy, lui, se lance dans une ultime tournée diplomatique, pour que le traité éventuel ne soit pas qu'un chiffon de papier recyclé, et pour arracher leur paraphe aux nations récalcitrantes. La cause est juste, la geste est hardie, mais comme Hamlet sur les remparts d'Elseneur...»

Claude Imbert, Le Point, 15-10-2009.
« La conscience puis la vogue écologique auront heureusement ouvert les esprits, mais l’intégrisme écologique, tenté par la décroissance, jetterait nos peuples dans la misère et le soulèvement. (...) Aux imprécateurs de l’Apocalypse je préfère la lucidité décriée des scientifiques, qui, comme Claude Allègre, ont dit et redit, depuis vingt ans, la gravité des vraies menaces écologiques : la pression démographique, la raréfaction de l’eau douce, les pénuries de matières premières, l’érosion des sols, les pollutions des déchets domestiques ou nucléaires. Et sans pour autant sonner le glas du Progrès. »

Jean-Marie Pelt, La Croix, 31-8-2009.
« Si nous nous nous plaçons d’un point de vue purement écologique, le constat est simple : oui, le niveau de consommation globale est en train de préempter les ressources de la planète. (…) Je suis tout à fait prêt à baisser mon niveau de consommation (…) mais il faut être réa­liste. Je ne peux pas imposer mon mode de vie à tous, je ne suis pas un ayatollah. Sans compter que si tout le monde consommait comme moi, nous serions plongés dans une crise économique retentissante. »

Hervé Bramy, dirigeant du Parti communiste, L’Humanité, 6-10-2009.
« Pour les communistes, la mobilisation pour l’environnement n’est pas la cerise sur le gâteau du combat social : elle se situe au cœur de l’urgence sociale. Nous refusons par ailleurs l’approche irréaliste et rétrograde des faux prophètes de la décroissance, car pauvreté et atteintes environnementales vont de pair »

Rodolphe Geisler, journaliste au service politique du Figaro, 29-9-2009.
« Avec Europe Écologie, les Verts sont passés de l'image de dangereux ayatollahs prônant la décroissance à des “gentils, responsables des enjeux de la planète”, comme l'assure leur numéro 2, Jean-Vincent Placé (...) “Avec Nicolas Sarkozy, nous sommes les seuls à aller chercher les talents là où ils se trouvent”, dit encore Jean-Vincent Placé. »

Chantal Jouanno, Secrataire d'Etat à l'écologie, Le Figaro, 22-9-2009.
« L'écologie radicale prônée par certains partis glorifie la décroissance absolue et le refus de la technologie. »

Jean-Marie Pelt, Consommer moins, consommer mieux aux éditions Autrement, 2009.
« Avec le développement durable, on a là un beau concept que je défends. Je ne suis pas pour la décroissance. »

Mathieu Laine, président de la société de conseil Altermind, La Tribune, 1-9-2009.
« La décroissance systémique (à titre individuel, est décroissant qui veut, dès lors qu’il n’impose pas aux autres de le devenir !) est un projet d’enfants gâtés vivant dans des contrées ayant bénéficié de décennies de croissance forte et voulant fermer le portillon du progrès derrière eux. (…) Alors que la décroissance fait partie de ces rêves porteurs des pires dérives (brider par la contrainte, c’est mettre la liberté à terre), elle infuse pourtant, subtilement, notre vision politique. Le principe de précaution préfère l’abstinence à l’agir risqué ; l’hypertaxation pénalise l’effort et le travail ; les excès du droit de la concurrence freinent l’innovation ; l’obsession industrialiste et l’idéologie frileuse nous font tourner le dos aux technologies nouvelles (nano, géno, etc.) qui seront, demain, les moteurs de la croissance et du bien-être. (…) Au constructivisme moralisateur de la stagnation forcée et à la stratégie du rétroviseur, préférons la liberté et l’inventivité de l’entrepreneur et la responsabilité laissée à chacun de vivre comme il l’entend. »

Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), « Service public », 10-9-2009.
« Il ne faut pas donner le sentiment qu’on va aller vers la décroissance, vers ce genre de concept. Il faut quand même rappeler que la création de richesses c’est aussi la création d’emplois et que si on n’a pas d’emplois nos concitoyens sont les premiers pénalisés. »

Nicolas Sarkozy, président de la République, 10- 9-2009.
« Il ne s’agit pas ici de bâtir une société de la décroissance, une société qui tournerait sciemment le dos au progrès, qui prétendrait nous faire renoncer au confort ou à la mobilité. Nous n’avons pas à choisir entre l’écologie et l’économie. Nous n’avons pas à choisir entre la justice et la prospérité. Nous avons à trouver les chemins qui conduisent à une croissance plus juste car ses fruits seront équitablement répartis, plus sobre en carbone et véritablement durable, qui non seulement respectera les hommes et l’environnement, mais se nourrira de la dynamique de l’innovation et des technologies vertes. (…) Le Grenelle de l’environnement que j’ai proposé et que Jean-Louis Borloo met en œuvre depuis deux ans est le symbole et le vecteur de cet effort de la France pour se porter aux avant-postes de la croissance durable. »

Pierre-Antoine Delhommais, Le Monde, 19-9-2009
« Nicolas Sarkozy surfe aujourd'hui sur la mode de la bobo-décroissance. »

Jean-Marie Colombani, France Inter, 4-9-2009.
« On néglige une dimension essentielle du monde moderne qui est la science, la technologie, les progrès de la technologie. Je vais prendre juste un petit exemple pour fâcher ceux des auditeurs qui sont pour la décroissance : l’énergie, qui est la clé de la croissance, donc le nucléaire… Le nucléaire, il y a cent ans de réserves d’uranium à technologie constante. Mais la technologie qui est en train d’être préparée transfor mera ces cent ans en 2 000 ans. Donc si on fait l’impasse sur les ressources technologiques et de la science évidemment on raisonne de façon trop figée et on opte pour la décroissance. »

Serge Papin, pédégé des magasins du groupement Système U (Super U, Hyper U...), Consommer moins, consommer mieux aux éditions Autrement, 2009
« Je ne crois pas au concept de “décroissance” prôné par certains économistes. Il ne me paraît pas vertueux… »

Benoît XVI, La Croix, 7-7-2009 :
« Le pape prend même à demi-mot ses distances à l’égard des partisans de la décroissance économique : “L’idée d’un monde sans développement traduit une défiance à l’égard de l’homme et de Dieu.” »

Gilbert Péréa, président de Populisme et Perspectives françaises (extrême droite), nationspresse.info, 19-7-2009 :
« Le journal L’Humanité, fer de lance de cette philosophie [l’internationalisme], ose écrire : “Que l’on réserve donc la décroissance au domaine de l’armement, du transport individuel ou du logement extensif !” Pour cestraîtres à la Nation et aux ouvriers Français, il faudrait donc liquider encore plus d’emplois dans les arsenaux, dans l’automobile, dans le bâtiment (...) Le 100 % Nation, est plus actuel que jamais. Seule la Nation pourra déjouer les thèses de la décroissance. »

Le Nouvel Observateur, « Quelle est votre green attitude ? » 16-7-2009.
Test

Vincent Benard, analyste d’Abcbourse et directeur de l’Institut Hayek, « l’indispensable pour investir en Bourse », 6-8-2009.
« Voilà du développement durable comme je l’aime [les agrocarburants]. Capitaliste, guidé par l’espoir de s’enrichir, fondé sur des avancées scientifiques (...) voyons quelles heureuses surprises le génie humain nous réserve, surprises totalement imprévisibles il y a 25 ans, quand l’hystérie climatico-énergétique a commencé. (...) Toutes les pleureuses qui nous pronostiquent la fin du pétrole, et appellent à la décroissance, risquent d’en être pour leurs frais. Et l’auto-mobilité a encore de beaux jours devant elle. (...) Et notons une fois encore que c’est l’appât du gain, tellement vilipendé chez nous, qui permet à de tels progrès de passer du stade de l’idée à la production, et donc d’améliorer notre quotidien matériel (pour le spirituel, chacun sa croix). Tout cela n’est possible que grâce aux fondements capitalistes libéraux de nos sociétés, bien que ces fondations soient là encore attaquées et altérées par l’intervention croissante des États dans ces processus vertueux.»

Lutte de classe, revue de Lutte ouvrière, n°121, juillet 2009.
« La décroissance, un point de vue parfaitement réactionnaire ».

Yann Vince, vice-président (PCF) de Nantes Métropole. L’Humanité, 17-8-2009.
« Le débat que tentent de relancer les opposants au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes m’exaspère. (...) Les opposants prennent en otage la question de l’aéroport pour en faire le symbole d’un projet de société fondé sur la décroissance. Ce choix serait celui de la régression et du déclin, refusant de concevoir que les idées de progrès puissent se conjuguer avec le développement durable de notre territoire. »

Daniel Cohn-Bendit, Arte, « Global Mag », 6-6-2009.
« [les objecteurs de croissance], c’est des cinglés, des cinglés. (...) La décroissance c’est un gros mot. Les gens, ils vivent la décroissance aujourd’hui. (...) Moi, je dis, ce débat-là personne le comprend. Donc, il est terminé pour moi. »

Éric Fottorino, directeur du Monde, 9-6-2009.
« Tel un Calder tordant à sa manière le fil de fer des idées pour faire naître une forme politique nouvelle, Cohn-Bendit et ses amis font danser les lignes politiques dans le sens de l’Histoire : situer l’humain à bonne distance des technologies et des forces de l’argent, sans prôner la décroissance qui laisserait entier le problème de la pauvreté. »

Pascal Bruckner, M, supplément du Monde, 6-5-2009
« La dépression actuelle est, pour beaucoup, l’occasion de remettre en musique le vieil idéal ascétique. Entendez la longue cohorte des cafards, des bigots, à droite et à gauche, qui nous prêchent du “il est temps de se serrer la ceinture, de revenir à la lampe à huile et à la carriole à cheval.” » (...) « L’avarice (dont l’étymologie est la même qu’avidité) est devenue, en ce début de siècle, une vertu civique, en quoi nos activistes verts et autres décroissants se tiennent sous la coupe d’un ethos utilitariste qui les obsède. » (...) « Rien de plus laid, de plus tordu que l’éloge de la pauvreté mené par certains doctrinaires, comme si elle était par elle-même dotée d’une vertu suprême. » (...) « Le goût des aises n’est pas obscène ou ramollissant, il est émancipateur (…) le consumérisme va de pair avec la passion d’être soi, et la technique, contrairement à ce que croient les passéistes, n’est nullement artificielle, elle est devenue une seconde nature, une extension de notre système nerveux qui agrandit chacun de nous. »

François Villeroy du Galhau, dirigeant des réseaux France de BNP Paribas et membre du Conseil des Semaines sociales de l'Eglise France. 22-11-2008.
« Je mettrai pour ma part un sérieux bémol sur la bonne nouvelle de la décroissance. La décroissance, nous allons l’avoir et nous allons bien nous rendre compte que c’est douloureux. La décroissance, cela veut dire du chômage en plus, et pas plus de justice. »

Jean-Marc Vittori, rédacteur en chef des Échos, 14-4-2009.
« [La croissance] a tellement baissé qu’elle a disparu. Et devant ce trou noir, certains ont du mal à trouver les mots pour le dire. Il faudrait parler de décroissance, mais le terme a été préempté par des intégristes écolos. »

Christian Losson, Libération, 31-3-2009.
« Pour le reste, les partisans de la décroissance peuvent sourire. La décroissance subie sera un mot tendance en 2009. »

Christine di Dominico, « économiste, enseignante à l'EMLyon », Le Progrès, 15-3-2009
« La posture décroissante est intéressante, mais on n'est pas dans une situation d'extrême urgence. (...) Et quand bien même on arrête la société de consommation, qu'est-ce qu'on fait après ? Je ne crois pas à un retour à la cueillette. »

Guy Darrénougué, Télépro (Belgique)
« Jeudi 12 à 20.35, France 2 propose une enquête sur d'autres “décroissants”, hostiles à la société de consommation. L'idée n'est pas neuve. L'histoire est riche d'individus et de communautés hostile au monde. Au débuts du christianisme, les stylites étaient des ermites vivant sur une colonne ou sur un arbre, ne mangeant que ce que l'ont voulait bien leur donner. »

Editorial du quotidien La Montagne (17-2-2009)
« On nous invite (...) à devenir des militants de la décroissance. De cette nouvelle philosophie, les bobos raffolent et les radins font leur miel. »

Claude Allègre, Le Point, 12 février 2009.
« Depuis longtemps aussi, moi qui suis un défenseur militant de la croissance verte, je combats l’idéologie socialement néfaste de la décroissance. »

Stéphane Garelli, économiste radical, La Côte, 30-1-2009 (Suisse).
« Cette approche de la décroissance me fait penser à ces gens très riches qui veulent jouer les philanthropes. C’est la vision que l’on a quand on a déjà tout »

Isabelle Chevalley, députée Écologie libérale, La Côte, 30-1-2009 (Suisse).
« Il nous faut changer de paradigme et passer progressivement d’une économie de gaspillage à une économie de recyclage. (…) Mais l’idée de décroissance rend le chemin pas tout à fait carrossable car on fait appel à une écologie de privations ».

Sophie Roquelle et Chrisotophe Doré, salariés du Figaro, journal du marchand d'armes Serge Dassault, 2 janvier 2009.
« Les plus radicaux prônent la décroissance et la “non-conso”. Ces bobos se font “métropuritains” : des “urbains écolos qui revendiquent un désir d'ascèse et de rigueur quasi militaire”, dixit le chasseur de tendances Vincent Grégoire. »

Thomas Legrand de France Inter, lundi 1er décembre 2008.
« Il ne faut pas parler de “décroissance” tout court, c’est un mot toujours mal poli qui fait référence à des économistes considérés comme des hurluberlus. »

Alexis Lacroix, rédacteur en chef de Marianne, 2-10-2008.
« La décroissance est une idée malthusienne » (...) « [Elle est] un surgeon de la critique radicale de la modernité qui, à chaque époque, a produit des utopies pastorales et restauratrices » Lire aussi : « “Zob ! con ! couille ! pédé ! gouine !”... Marianne disserte sur la décroissance »

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Isabelle Giordano, journaliste à France-Inter, Métro, 25-11-2008.
« La décroissance est un mouvement idéologique (…) radical, difficile à envisager pour les 7 millions de Français qui gagnent moins de 900 euros par mois. »

Gérard Mermet, Le Monde (13-1-2008), “sociologue” directeur d'un cabinet de conseil pour les multinationales.
« Il faut souligner que le seul horizon possible de cette remise en cause n'est pas la "déconsommation", facteur d'une décroissance qui aurait des conséquences douloureuses, voire désastreuses, pour de nombreux individus. »

Jean-Paul Fitoussi et Eloi Laurent, La nouvelle écologie politique, éditions du Seuil 2008.
« La décroissance, ce serait tourner le dos aux exigences démocratiques (…) en proposant de figer les inégalités dans leur état actuel. »

Mercedes Erra, pédégée de l’agence publicitaire Euro-RSCG, Les Échos (17-10-2008) (extrait d'un discours prononcé à l’« Université de la Terre » les 18 et 19 octobre 2008).
« Ils sont déjà nombreux ceux qui, après avoir prôné le “No logo”, s'apprêtent à nous proposer le “No conso”. Peut-on vraiment affirmer que l'on gagnerait tous, le monde, les hommes et la planète, à consommer moins ? Est-ce si simple ? J'ai bien peur que non, et la crise actuelle vient nous rappeler à point nommé qu'il ne peut pas en être tout à fait ainsi. D'abord parce qu'il y a encore, et pas seulement dans les pays émergents, des aspirations massives à la consommation. Quand des populations entières, en Chine, en Inde, pour ne citer que les phénomènes les plus impressionnants, accèdent enfin en masse à la consommation, l'Occidental avisé qui ne manque de rien a beau jeu de donner des leçons de déconsommation à la planète. Consommer moins est bien un discours de riche. » « Déconsommer : drôle d'idée »,

Pascal Perri, dirigeant de PNC, cabinet de conseil en stratégie (spécialiste du discount) France Inter, 22-10-2008.
« À grande échelle, ce système-là, c’est le retour à des sociétés féodales, c’est le retour à la famine, c’est le renoncement aux valeurs du progrès. À terme il faut quand même rappeler que ça conduit historiquement à des guerres. Donc moi je veux bien qu’on déconsomme… (...) Non c’est pas pessimiste, je suis désolé, c’est strictement historique ! Alors quand on dit la vérité on passe parfois pour un prophète de mauvais augure ! (...) La décroissance c’est un monde qui serait gelé, c’est-à-dire des pauvres éternellement pauvres et des riches toujours plus riches »

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Michel Taubmann, rédacteur en chef de la revue néoconservatrice Le Meilleur des mondes (in Libération du 20-21 septembre 2008).
« Il est bon de s'interroger sur le contenu de la croissance économique, la nature de ce qui est produit et souhaiter une répartition plus équitable des richesses. En revanche les théories de la décroissance, si elles peuvent paraître séduisantes, risquent de condamner les plus pauvres à plus de misère. »

Alain-Gérard Slama, journaliste au Figaro (propriété du marchand d’armes Serge Dassault), France Culture, 23-8-2008.
« Les mesures de décroissance programmées par les partis écologistes supposent, pour changer de fond en comble les modes de consommation et les mœurs, un État quasiment totalitaire»

Geneviève Ferone, directrice du développement durable du groupe Veolia Environnement, auteure de 2030 : le krach écologique, Éditions Grasset. Elle, 10-3-2008.
« Magazine ELLE : La solution, c’est la décroissance ?
Geneviève Ferone : Si on était un milliard d’individus sur terre comme au début du XVIIIe siècle, si l’on vivait localement en consommant peu de ressources, ça pourrait marcher... Mais à 7,5 milliards d’individus, ça ne sert plus à rien ! Et puis accepter de consommer moins, c’est un luxe qui concerne une poignée de nantis et de bien éduqués. À l’échelle de la planète, c’est ridicule. Allez parler de décroissance aux deux tiers de la planète qui cherchent à sortir de la misère ! »

decroissance 48
Extrait de La Décroissance n°48, avril 2008, reproduit avec l'aimable autorisation du journal.

Olivier Jay, directeur délégué de la rédaction du Journal du dimanche (groupe Lagardère), chronique sur France Culture le 27 octobre 2007.
« Ce Grenelle de l’environnement c’est d’une certaine manière la fin des ayatollahs. Voilà sa grande réussite. On s’est parlé, on a débattu, les idées se sont confrontées. La fin des ayatollahs c’est évidemment la fin des ayatollahs verts les défenseurs de la décroissance ; du retour au passé, d’une protection un peu malthusienne de la société. Ils admettent désormais la nécessité de produire plus et d’abord pour donner à manger à l’ensemble du monde. »

Jacques Attali, Europe 1, 24 octobre 2007.
« Opposer écologie et croissance est une bêtise intellectuelle profonde. En réalité on ne peut pas améliorer l'environnement sans croissance. Ce n'est pas la croissance qui pollue, c'est la production. Si on veut changer le nature de la production il faut évidemment croître. Croître autrement, pour transformer la production. » Lire la réponse d'Hervé Kempf du Monde

Jean-Marie Le Pen, président du Front national, discours sur l’écologie à Nantes (11-2-2007).
« Une idéologie anime les partis politiques écologistes, partout en Europe. Cette idéologie, née en 1972 avec les thèses du Club de Rome, préconise, pour sauver la planète de la surpopulation et de la surproduction, l'arrêt de la croissance. (...) Cette idéologie, d'apparence bucolique, est en réalité plus criminelle que celles qui ont ensanglanté le siècle dernier, puisque sa mise en œuvre impliquerait la mort de milliards d’hommes. (...) Ce n'est pas en freinant la croissance économique de nos nations que nous protègerons notre environnement. Ce sont les progrès technologiques qui ont permis d'avoir des voitures aujourd'hui dont la pollution est inférieure de 20 % à celles d'il y a vingt ans. »

Xavier de la Vega, Sciences Humaines, n° 184 - juillet 2007.
« Connaissez-vous Simon du fleuve ? Ce héros de BD (...), sorte de Mad Max écolo, Simon du fleuve et ceux qu’il rencontrait dans ses pérégrinations s’accommodaient au fond plutôt bien de la fin du monde (...). Son esprit plane sur les présentoirs des meilleures librairies (...), barrés d’un slogan : la décroissance ! » Lire la réponse.

Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express, 24 octobre 2007.
« Ensuite, enfin on a parlé de croissance durable !, enfin on en a fini avec le mythe de la décroissance — soyons plus pauvres pour être plus propres — c'est la défaite des partisans de la lampe à l'huile et de la vie dans les grottes. - Et de la marine à voile... ... et la marine à voile, oui. C'est la défaite de certains écologistes qui a fait la victoire d'une certaine écologie, l'écologie de croissance. Au passage, on a vu surgir des idées idiotes, du genre rouler 10km/h moins vite sur les routes... » Voir la vidéo.

Laurent Joffrin, Libération, 5-7-2007.
« L’autre [conception fausse de la mondialisation], minoritaire et utopique, même au sein du mouvement altermondialiste, prône la décroissance et la défiance envers le progrès. Elle débouche sur l’austérité triste et le blocage probable du développement des pays les plus pauvres. »

Brice Couturier journaliste de France Culture : Du Grain à moudre, le 1er févier 2007.
« La décroissance est-ce que ce n’est pas un slogan « d’insider » [de personnes à l’intérieur du système – nous sommes sur France Culture…] ? (…) Ils voudraient bien que les autres consomment moins. Les chinois, les indiens les brésiliens y sont pas tellement candidat à la décroissance. Ils sont très imperméables à vos discours. Est-ce que c’est pas un discours de riches le discours de la décroissance, de repus, et d’ailleurs au niveau même de nos pays occidentaux après tout on conçoit bien que ceux qui sont déjà dans l’emploi, bénéficiant de solides protections sociales souhaitent qu’on en reste là et qu’on décroisse mais ceux qui arrivent sur le marché du travail, les immigrés, vous croyez qu’ils sont venus ici pour parler de décroissance ? » « Il me semble que les vrais « déclinologues » c’est pas ceux qui mettent en cause notre capacité collective de Français et d’Européens à rester dans la course, à rester compétitifs, mais ceux qui appellent à déclarer forfait à prendre acte de notre incapacité à rester, en réalité, dans la course et à mon avis le thème de la décroissance fait parti de cette idéologie qui et en effet une façon de théoriser une incapacité à affronter les défis qui nous sont posé par les nouvelles puissances émergentes, chinoise, indienne, brésilienne et étatsunienne... » « Le thème de la supériorité de l’âme, de la profondeur face au séduction coupable du matérialisme, de l’accroissement sans fin des richesses etc. moi je trouve que c’est un mythe de compensation et je le repère dans un certain nombre de cultures, par exemple dans le romantisme allemand, par exemple dans le panslavisme Russe. Je vous citerai Ivan Kirievski le fondateur de la revue « Ivropiez Europe » qui était un des fondateurs du courant slavophile qui dénonçait déjà au XIXe siècle le monde de profondeur de l’Occident mécanique qui aurait qui aurait compensé par le luxe et l’accumulation de biens matériel sa superficialité, bref c’était une civilisation trompeuse à laquelle la Russie toute en intériorité aurait dû opposer son idéalisme, bref disait Kirievski, la misère russe est spirituellement supérieur à l’Occident repus. Est-ce que c’est pas la fable qui est en train de se jouer aujourd’hui ? »

Guillaume Duval, rédacteur en chef adjoint d'Alternatives économiques
« On assiste à l'émergence d'un discours radical autour de l'idée de “décroissance”. Ce discours a déjà un impact important au sein de la mouvance écologique et même au-delà. Pourtant la “décroissance” ne permettrait ni de répondre aux nécessités d'une réorientation écologique de l'économie ni de constituer la base d'un projet politique majoritaire dans un contexte démocratique. Même s'il faut se méfier des raccourcis historiques, on peut se demander si l’on n'est pas en train d'assister sur le terrain écologique à un phénomène analogue à ce qu'avait représenté la montée du bolchevisme sur le terrain social au XXe siècle (...) Des minorités agissantes décidées à faire le bien de l'humanité malgré elle, parviennent à conquérir une hégémonie idéologique autour de projets extrêmement dangereux pour les libertés et le bien-être de l'humanité. »

Eric Le Boucher, chroniqueur économique auMonde, 29-10-2006.
« Les doux militants de la "décroissance" (avez-vous remarqué comment, ces temps-ci, Malthus remplace Marx chez les idéologues ?), ces militants, donc, de moins en moins doux d'ailleurs, de plus en plus autoritaires en fait, butteront toujours sur ce fait dérangeant : la première cause de la persistance des inégalités est l'absence de croissance. »

Le journal Le Monde, chronique de Pierre-Antoine Delhommais, L'obscure lubie des objecteurs de croissance, 29-7-2006.
« …il faut prendre la doctrine de la décroissance pour ce qu’elle est (…) Une lubie de gosses de riches parfaitement égoïstes. Mais cela va généralement ensemble. » Les Objecteurs de croissance « se proclament humanistes, mais ils ne croient pas en l’homme. (…) ils laissent à son sort le milliard d’êtres humains qui vit avec moins de 1 dollar par jour.» « En Chine, le nombre de personnes très pauvres est passé, grâce au boom économique, de 377 millions en 1990 à 173 millions en 2003. Selon certaines simulations, l’extrême pauvreté y sera éradiquée dans quinze ans si le PIB continue à progresser au même rythme. Le scénario catastrophe par excellence pour les objecteurs de croissance. » « Apparemment d’une grande simplicité, le concept de décroissance repose en réalité sur des fondations philosophico-scientifiques complexes, voire obscures. »

Alexandre Adler, éditorialiste au Figaro, Le Figaro, 8-12-2005.
« 1) Le nouveau progressisme est d’abord écologique. Il considère l’avenir même de la Terre comme menacé et prône coûte que coûte le ralentissement de l’actuelle croissance génératrice de catastrophes. A cet égard, il se défie considérablement de la science, des OGM qui empoisonnent les cultures aux nanotechnologies qui pourraient permettre un jour le contrôle du cerveau humain. Contre le réchauffement planétaire, il prône la frugalité franciscaine, évidemment nouvelle. »

Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, Convention de l’UMP sur l’environnement, 20-10-2005.
« [la droite] n’a pas pris la mesure des bouleversements sociologiques majeurs créés par l’ampleur et l’internationalisation des inquiétudes environnementales actuelles : (…) la défiance ou le soupçon à l’égard du progrès et du développement, en tout cas au regard de leurs emballements. Les orphelins de la pensée marxiste-léniniste se sont évidemment engouffrés dans la brèche. »

Nathalie Kosciusko-Morizet, députée UMP de l'Essonne et « conseillère écologie », Réforme, 8-3-2007.
« La réponse apportée par les décroissants est rétrograde, radicale et teintée d’idéologie. Il y a dans cette théorie beaucoup de malthusianisme sur lequel on ne peut bâtir aucun projet de société. »

Claude Allègre, ancien ministre de l'éducation du gouvernement Jospin, N'arrêtons pas le progrès, L'Express du 06-4-2006
« Un glissement s'est produit dans les esprits et a conduit à confondre développement industriel et progrès. L'ignorance aidant, on s'est mis à dénoncer le progrès, donc la science. Par glissement, on souhaite non seulement l'arrêt de la croissance, mais certains vont même jusqu'à prôner la décroissance. Et, bien sûr, on lie tout cela à la mondialisation, sans d'ailleurs bien dire comment. Cette ancienne idéologie de gauche qu'était le progrès technique, facteur de progrès social, et l'internationalisme universel, symbole de l'amitié entre les peuples, sont devenus pour les écologistes militants l'archaïsme et le protectionnisme. (...) Le progrès scientifique, aujourd'hui, c'est fixer les conditions d'un développement industriel propre et les modalités d'un équilibre entre l'homme et la nature, sans ralentir pour autant la croissance économique ! Le mouvement antiprogrès et antiscience s'oppose aujourd'hui à l'un des facteurs de croissance: la biologie moderne. Il est à l'origine de la décroissance du nombre d'étudiants en sciences, ce qui préfigure un sombre avenir pour notre pays. »

Jacques Cheminade
« Toute blague à part, il est utile de souligner que le malthusianisme prôné par Décroissance reste complet et entier, bien que son non-dit fasciste se cache sous le masque triste d’une décroissance humainement soutenable. » Derrière le masque de la « décroissance soutenable », un fascisme insoutenable, Solidarité et Progrès, Karel Vereycken, 1-8-2005
Attention : Jacques Cheminade a été condamné pour escroquerie. Son parti est la filale française du mouvement du milliardaire utraconservateur Lyondon Larouche combatu par les associations contre les sectes.

Lutte Ouvrière, Paul Galois, Lutte Ouvrière, 23-6-2006
« Marches pour la “décroissance” : Prêcher l’abstinence à ceux qui n’ont rien. »

Mission des agrobiosciences (militant pour les OGM, nanotechnologies, etc.)
« Bien qu’ils s’en défendent aujourd’hui, les adeptes de la décroissance promeuvent bel et bien un monde malthusien »

Jean-Yves Camus, politologue, chercheur associé à l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), France-Culture, 18-2-2006.
« Du côté de Pascal Sevran il y a une idée derrière qui fait son chemin, qui sous-tendait un peu ses propos : c’est celle de la décroissance. C’est celle selon laquelle on est dans une période où finalement il y a trop de monde sur cette planète. Et ça, ce thème de la décroissance, ce thème qui peut déboucher assez facilement sur l’eugénisme, c’est quelque chose qui dépasse de beaucoup les propos de Pascal Sevran. Il y a des revues aujourd’hui qui font l’éloge de la décroissance.»

A&E (Agriculture & environnement)
« Nouveau concept en vogue, la « décroissance » n’a jusqu’à présent suscité l’enthousiasme que de quelques militants et économistes marginaux. Le retour d’une vision catastrophiste du monde, principalement véhiculée par l’écologisme radical, a cependant rouvert le débat sur le productivisme ».

La Riposte, Analyses marxistes, Greg Oxley, 3- 2004.
« Le gouvernement et le patronat s’attaquent aux retraites, à la sécurité sociale, à la santé, à l’éducation publique. Ils veulent enrayer les conquêtes sociales du passé. Face à cette offensive, la gauche est politiquement désarmée. Les dirigeants socialistes et communistes ont abandonné le programme du socialisme pour embrasser l’« économie de marché ». Cette capitulation a fait le lit de démagogues politiques comme Le Pen. Dans le domaine académique, elle a également facilité la démarche de nombreux charlatans « intellectuels » qui enrobent leur idéologie réactionnaire dans des considérations « écologiques ». Ainsi en est-il des tenants de la « décroissance soutenable ». Ces Messieurs s’en prennent à la science et à la technologie. Sous prétexte que l’industrialisation menace l’équilibre écologique de la planète, ils prônent un retour en arrière. »

Denis Lafay, éditorialiste du mensuel Acteurs de l’économie Rhône-Alpes, mai 2007.
« L’alternative à l’excès d’optimisme et à l’utopie régressive, voire à la frugalité intégriste des apôtres de la décroissance, existe. Elle creuse son sillon : celui de la croissance utile.

Henri Guaino, La Croix, 23 octobre 2006.
« L’inégalité est un moteur de la croissance et la croissance est la seule chose qui puisse rendre l’inégalité supportable. La croissance est une promesse d’abondance qui atténue la détresse du pauvre, tandis que l’état stationnaire est surtout un rêve de nanti qui veut surtout que rien ne change. »

Jean-Marie Harribey et Cyril di Méo, économistes, Politis, jeudi 14 septembre.
« La critique de l’« économicisme », l’éloge de la pauvreté et la promotion d’une « sortie de l’économie monétaire » montrent que c’est à la modernité que s’attaquent les décroissants, beaucoup plus qu’au capitalisme réel, notamment celui de la phase néolibérale actuelle. Économie, « économisme », « économicisme », « oxymore de l’économie sociale », les néologismes sont de plus en plus nombreux pour critiquer la domination du développement, de l’économie et du libéralisme. Mais, plus qu’une pensée critique de la forme capitaliste de l’économie moderne, c’est une remise en cause générale de l’économie. L’économie est « essentialisée », « occidentalisée » sur la base d’un anti-marxisme et d’un antilibéralisme primaires. D’une part, les décroissants rejettent une des principales avancées de l’économie politique marxiste : la description de différents modes de production, de consommation et de répartition des richesses, montrant que ces systèmes prennent des formes culturelles et historiques variables. D’autre part, ils attaquent le libéralisme pour ce qu’il a d’« européocentré », d’« occidental », d’« économiciste », notions extrêmement vagues, et non pas pour ce qu’il représente en termes de rapports sociaux. Ils se privent ainsi d’une économie politique réelle au profit de la promotion d’un imaginaire « non-économiciste », et ils passent à côté des destructions modernes impliquées par le capitalisme, notamment la précarisation croissante. La décroissance (...) [est le] refus aveugle de la modernité et de la raison. »

 

I.E.E.S.D.S. : Vous pensez qu’une croissance matérielle et qu’un développement économique – fût-il durable – sont impossibles sur une planète aux ressources naturelles limitées ? Vous pensez que la science s’appuie sur le doute et non sur la croyance ? Vous pensez qu’il est inéquitable que 20 % de la population mondiale, les pays riches, s’accapare 80 % des ressources naturelles de la planète ? Vous constatez que nous extrayons aujourd’hui deux fois trop de ressources fossiles et que nous émettons aussi plus de deux fois trop de gaz carbonique dans l’atmosphère à l’échelle planétaire pour assurer la pérennité de l’humanité ?
Vous concluez que par souci de justice et pour assurer un avenir désirable aux générations futures les plus riches doivent réduire leur consommation et leur production et adopter un mode de vie sobre ? Que l’autolimitation est la condition de la liberté parce qu’elle conditionne notre capacité à nous structurer comme personne et comme société ? Vous militez pour le partage et la sobriété ?
Alors vous êtes sûrement au mieux un « gosse de riche égoïste », un « léniniste vert », un « orphelin de la pensée marxiste-léniniste » « contre la science », sinon carrément un « fasciste », un « bolchévique », un exécuteur d’homosexuel, un exciseur, un brûleur d’écoles ou bien un fanatique religieux dont la pensée s'appuie sur d'obscurs penseurs malthusiens. Vous aurez beau protester de votre bonne foi en affichant votre engagement républicain, humaniste ou démocrate, votre compte est bon. Si vous n’avez pas dit ce que l’on vous reproche, vous l’avez de toutes façons pensé. Le bûcher vous attend. On savait qu’il fut un temps dangereux d’affirmer que la terre tourne autour du soleil. Il l’est autant aujourd’hui d’affirmer que la nature a des limites ! Bien sûr, la critique est vitale pour un mouvement de pensée. En revanche, l'insulte, le mensonge, sont la destruction des conditions du débat, de la démocratie.

 

« Celui qui
croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »
Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.

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