Rions avec Paulariès

25 août 2017 : La meilleure blague de Paul Ariès et Christian Terras de la maison religieuse Golias éditrice de la revue « Les Z’indigné(e)s »

Retour notre Annexe du 2 septembre 2011 (ci-dessous) : Médiapart diffuse des rumeurs calomnieuses de Paul Ariès sans vérifier

Nous apprenons que dans son édition de juin 2016, n°36, le rédacteur en chef de la revue les Zindigné(e)s a publié une interview, sur une pleine double page, de Piero San Giorgio. Un entretien parfaitement complaisant où le rédacteur des Z'indigné(e)s tutoie le chef de file du courant d’extrême droite survivaliste.

Le journal La Décroissance, bien seul, n’a cessé de dénoncer le discours de Piero San Giorgio qui trouve un large écho sur internet. Quelques citations tirées de sa fiche Wikipédia : « la véritable nature des Européens “c’est d’être un waffen SS, un lansquenet, un conquistadores”, ajoutant qu'“on fait en sorte que des gens qui n'auraient pas dû exister existent… on sauve les malades, les handicapés… c'est très bien, ça donne bonne conscience, mais c’est pas comme ça qu'on construit une civilisation, c'est comme ça qu’on la détruit” ».

Même les quelques lecteurs de celui qui a rejoint Jean-Luc Mélenchon sont quelque peu gênés aux entournures...

Tout cela prend un caractère hautement comique après la cabale lancée par Paul Ariès, et aussitôt relayée par Edwy Plenel, contre notre publication pour avoir publié un extrait de droit de réponse parfaitement légitime (voir ici).

 

Décidément passionné par le fait religieux, Paul Ariès vient de publier un énième livre (« Paul Ariès est l’auteur d’une quarantaine de livres consacrés à l’écologie mais aussi à la religion et aux sectes » écrit son éditeur) (ici). Dois-je perdre mon temps à répondre point par point à ce nouveau tissus de calomnies, de sottises et de mensonges à mon endroit dans cet ouvrage (ici) ?* Engager un procès ? En fait, le mieux est d’en rire. Rire notamment parce Paul Ariès manque singulièrement d’humour. Avec Ornella Guyet (sorte de Caroline Fourest du pauvre), il est l'un des rares à n'avoir pas compris l'humour de ce dessin et à nous faire des gros yeux de curé :

« L'écologie catho trahit le mieux son caractère réactionnaire lorsqu'elle confond la décroissance (la sobriété) avec l'austérité. (...) Les dames patronnesses, y compris celles du mensuel austéritaire La Décroissance, ne cesseront donc jamais de traquer l'objet inutile du mois (sic) et d'expliquer aux gens de peu comment se passer des plaisirs qu'ils ne peuvent pas s'offrir. Un dessin du mensuel La Décroissance vend la mèche: on voit un salarié quémander une augmentation de salaire et son patron lui répond: “Prenez plutôt ce livre qui vous expliquera comment vous en passer” (sic). » (page 152).

Rire encore : pour répondre à Paul Ariès, rien de mieux que... du Paul Ariès. Vous verrez que les positions qu’il défendait dans ses livres sont bien plus intransigeantes que celles qu’il dénonce aujourd’hui sans nuance. Plongez-vous dans ses livres. Vous en trouverez un avant-goût ci-dessous (ici). Vous vous demanderez alors quel jeu servent ceux qui soutiennent son entreprise.

« Il est révélateur de ce que cet homme de gauche est le plus politisé. Il récuse par là toute possibilité d'échapper au politique, il fait donc du politique une valeur dernière, religieuse. Cet homme de gauche ne croit pas à la religion : il l'a en effet remplacée par la politique, il y apporte la même ferveur, la même intransigeance, le même souci de la défense de l'Église et des dogmes (c'est-à-dire le parti et la doctrine). L'homme de gauche est un croyant, et c'est pourquoi il apporte aussi dans le combat politique une dureté, une vigueur que ne peut y apporter celui pour qui la politique a une valeur toute relative, ne débouche sûrement pas sur des lendemains qui chantent, et se qualifie comme une activité parmi d'autres. »
Jacques Ellul, Exégèse des nouveaux lieux communs, 1966

« Né en 1959 à Lyon dans une famille de “bouffeurs de curés”, où l’engagement politique fait office de religion »
Libération, « Décroissant boulimique », 27 septembre 2010

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Paul Ariès, champion de la cause LGTB ! Sans rire ?

Elément de réponse le 26 octobre 2015

Réponse à Paul Ariès : la décroissance ne sera pas un stalinisme

Annexe du 2 septembre 2011 (ci-dessous) : Médiapart diffuse des rumeurs calomnieuses de Paul Ariès sans vérifier

José du côté obscur de la force, par Paul Ariès, La Décroissance, n°76, février 2011

 

« J’ai fréquenté durablement l’équipe, majoritairement catholique, du mensuel La Décroissance » Paul Ariès « Blog qui accompagne la sortie du livre de Paul Ariès » (ici, page consultée le 21 janvier 2016). Le comité rédactionnel de La Décroissance s’est tenu ce matin du 21 janvier 2016 ; il était composé comme d’habitude à 66 % d’athées et à 33 % d’hérétiques. Mais nous ne sommmes pas sectaires ! Ajoutons que le pourcentage d’athées croît considérablement quand d’autres personnes s’y joignent !

Sauf à y être véritablement acculés, nous n’avons l’envie de dépenser ni du temps ni de l’argent à engager un procès face à Paul Ariès et sa campagne de diffamation à notre endroit. En revanche, à chacun de ses nouveaux mensonges, nous répondrons par une vérité. Ajoutons qu’il serait facile et cruel de se laisser entraîner dans son jeu. Nous refusons d’y sombrer ; la haine n'est que le combustible de la destruction. Derrière la triste image qu’offre aujourd’hui notre « socio-économiste » et « politologue », nous sommes sûr qu’il existe aussi une face lumineuse à ce personnage. Nous l’avons rencontré ! Mais nous ne sommes pas qualifiés pour l’aider.

 

Paul Ariès, champion de la cause LGTB ! Sans rire ?

Quand un paranoïaque est pris en flagrant délit de ses mensonges, pris de panique, il cherche à vous entraîner par le fond. Il ne faut à aucun prix s'y laisser entraîner. Je réagis donc ici sur un point précis suite à un article de Paul Ariès paru en octobre* chez la maison religieuse Golias avec laquelle il collabore et édite sa revue. Au fur et à mesure du flot de calomnies, sottises, coups tordus, mensonges du « “‘politologue’” », nous cernons mieux son système. Voici un extrait d'une analyse que nous souhaitons ne jamais publier.

« Il [Vincent Cheynet] oublie que si les Grecs dénonçaient l'hybris né du refoulement religieux, ils ne voyaient pas la solution dans un retour au religieux mais dans la démocratie et la politique [encore une accusation stalinienne, mensongère et débile à laquelle je ne vais pas répondre], il oublie aussi que les gréco-latins, dont il se revendique, vomissaient tout autant la “mollesse” (dont l'homosexualité passive) que la démesure. Son adversaire, ou plutôt rivale, Nicolas Hulot... » écrit Paul Ariès (page 28, le « e » de « rivale » étant bien dans le texte) dans le numéro d'octobre 2015 de sa revue Les Zindigné(e)s. Bigre ! Que suggère par là Paul Ariès ? Il veut, Nicolas Hulot et moi, nous traiter d'« enculés » ? Malgré ses méthodes inimaginables, on peine à croire qu'il arrive à sombrer à un tel niveau d'égout... Je ne veux pas donner dans la surenchère libertine mais, à part pour des raisons médicales (ce n'est pas bon pour la santé), je n'ai rien contre cette pratique d'ordre privée utilisée par des amis qui me sont chers. Il paraît qu'elle permet d'« élargir le cercle de ses amis ». Plus sérieusement, c'est incroyable de lire des choses pareilles chez un éditeur, Golias, si prompt à se dresser pour taxer ses contradicteurs homophobie. Plus généralement, la dénonciation constante, martelée, de Paul Ariès à ses cibles pour leur confession renvoie « aux heures les plus sombres de notre histoire » comme dirait l'autre. Elle est particulièrement terrifiante venant d'une maison d'édition religieuse. Le psy Paul Ariès passe énormément à temps a spéculer sur les névroses sexuelles de ses cibles. On brûle de lui demander de se pencher sur sa poutre (dans son œil). Paul Ariès déclare désormais sur le site Rue 89 : « Je suis partisan du mariage homosexuel et défenseur des droits LGBT, lui [c'est-à-dire le rédacteur de ce texte] pas. » (8-6-2012) Tout d'abord, jusqu'à la publication de mon dernier livre Décroissance ou décadence (éditions Le Pas de côté, 2014), par devoir de réserve vue ma responsabilité à La Décroissance, je ne m'étais jamais exprimé sur ce sujet. On appréciera la méthode tendant à la délation. Ensuite, Paul Ariès champion de la cause des « genders studies » ? Voilà qui fera éclater de rire ceux qui connaissent un tant soit peu son travail... Paul Ariès ne dit pas la vérité une fois de plus : il est en fait contre le mariage homosexuel et plus largement ce qu’il nomme l’« idéologie homosexualiste ». Il cherche ici à donner des gages pour passer pour un objecteur de croissance « médiatiquement correct ». Les animateurs de télévision Laurent Ruquier et Stéphane Bern avaient révélé que bien que favorable au « mariage pour tous », Jean-François Copé s’y était déclaré opposé par pur calcul électoral. Paul Ariès fait l’exact contraire. Le problème des médias ne se mesure pas à l’aune du désir de justice sociale – les journalistes sont là pour défendre les intérêts de leurs employeurs – mais des mœurs libérales-libertaires.

Pour preuve, il suffit de reprendre un ses livres. Paul Ariès n’hésitait pas écrire :

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J’avais d’ailleurs lu ces passages et lui en avais fait le reproche à l'époque, lui décrivant comme homophobes. Ce qu'il n'avait guère apprécié. La revue Les Cahiers antispécistes le faisait remarquer à l'époque de la sortie du livre : « Ariès se montre d'une homophobie en béton (Exemple, page 90 : “L'homosexualité se caractérise par (...) une incapacité à vivre [l'altérité fondamentale des sexes] (...).”. On croit lire Jean-Paul II. » (« Obsessions chrétiennes », C. A. n°15-16, avril 1998) (ici). Le renvoi à Jean-Paul est d'ailleurs savoureux néanmoins je ne pense pas que ce pape ait écrit des choses aussi homophobes. Cette position de Paul Ariès – invitant à penser que l’origine du Mal du substitut du Diable pour nos contemporains serait dans son incapacité à entrer pleinement dans le cadre du schéma hétérosexuel – constitue ce que nous pouvons imaginer comme la position la plus terrifiante envers les sexualités différentes. Pour Paul Ariès, Aldof Hitler ne peut pas être un hétérosexuel bon teint, s’y dissimule nécessairement la figure du pervers, ici le « bisexuel » (sans doute passif ?). D'ailleurs où est-il chercher cette information ? Comme souvent avec lui on ne sait pas. Paul Ariès renvoie seulement, sans note, au travail de Thierry Meyssan, le fondateur du Réseau Voltaire. Comme toujours Paul Ariès assène pour ne pas dire assomme. L’éditeur, la maison religieuse Golias de Christian Terras – qui ne cesse de donner des leçons de morale en terme de « progressisme chrétien », – est décidément étonnant. C'est le même réductionnisme à un déterminisme sexuel qui conduisait Vallaud-Belkacem a affirmer : « Aujourd’hui, ces manuels s’obstinent à passer sous silence l’orientation LGBT de certains personnages historiques ou auteurs, même quand elle explique une grande partie de leur œuvre, comme Rimbaud. » La porte-parole du gouvernement oubliant d'autres personnalités comme Ernst Röhm, fondateur des Sturmabteilung (SA) nazies (Tétu, 10-2012), alors que Paul Ariès faisait l'inverse. Il développe le triptyque « homo = pervers = criminel » pendant que Najat Vallaud-Belkacem lui répond l'autre versant de la même pièce : « homo = folie = génie ». C’est la pente du matérialisme étriqué qui nie tout libre-arbitre à la personne. Ce renvoi de la personne à des agissements totalement déterminés par la sexualité est symptomatique de l'utilitarisme.

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Paulariès, l'athée qui voit le Diable partout

Paul Ariès avait déjà – quasiment mot pour mot – exprimé ces considérations en 1997 dans son livre Déni d'enfance, aussi aux éditions Golias : « Les crimes du Reich contre les homosexuels apparaissent comme une lutte meurtrière au sein des "gays" divisés en deux conceptions du monde et de la sexualité. Le parti nazi, le NSDAP, était à l'origine un groupe homosexuel d'extrême droite réuni autour de leur chef Ernst Riihm. Hitler fut l'un des premiers non homosexuels — sans doute était-il bisexuel — a y adhérer. Il fait d'abord l'éloge de l'homosexualité conçue comme une contestation païenne radicale de l'ordre établi. Les nazis changeront de discours lorsque leur organisation deviendra un véritable parti de "gouvernement". Ils justifient alors l'assassinat d'Ernst Riihm lors de la nuit des longs couteaux par une critique de l'homosexualité véritable tare individuelle et sociale due à la dégénérescence. Les homosexuels resteront cependant très nombreux au sein de l'appareil nazi. La propagande nazie utilise en outre de façon systématique une symbolique homosexuelle. Ce parti pris nazi ne joue qu'en faveur d'une certaine conception de l'homosexualité. Cette théorisation se retrouve aujourd'hui dans les écrits de certains militants néo-nazis. Michaël Kühnen (1956-1991), successeur reconnu du Führer, rédige lors de son emprisonnement pour reconstitution d'organisation nazie un ouvrage intitulé National-socialisme et homosexualité, texte immédiatement diffusé en Europe notamment par Caignet. Michaël Kühnen reprend la vieille opposition entre les homosexuels actifs formant l'élite destinée à créer une confrérie guerrière au service de la horde et les homosexuels passifs voués, selon l'ancienne loi germanique, à être noyés dans les marais. M. Kühnen explique la défaite nazie par l'élimination (avec les SA) de la tendance homosexuelle active. » Diable ! Dans ce livre Paul Ariès défend ses positions : celles en faveur de la famille traditionnelle, et il se désole : « Le père est également de plus en plus lointain (travail, divorce, télévision, etc.). Il n'assure plus la fonction de socialisation. Il n'est plus le seul à travailler à l'extérieur et à représenter le monde au sein du cercle familial. La confusion des rôles parentaux s'effectue très souvent à travers la généralisation d'un comportement “adolescentrique” moyen. Elle rejaillit alors sur le partage des rôles donc des places avec les enfants : paradoxalement, la juvénilisation des parents appelle parallèlement la parentalisation des enfants. Cette dérive est particulièrement nette dans certains couples monoparentaux ou au contact de figures parentales occasionnelles plus fragiles comme le beau-père ou la belle-mère. » Résultat : « La libéralisation des mœurs [quel Tartuffe quand même !] entraînerait de facto le développement de la pédophilie. La pédophilie ne semble donc pas d'abord liée à la “biologie” masculine. Elle traduit davantage une culture de la domination certes plus masculine que féminine mais qui pourrait devenir androgyne si la “bisexualisation” sociale devait l'emporter. La solution en tout état de cause — ne devrait pas être recherchée (comme on le propose souvent) dans une fuite en avant vers l'indifférenciation sexuelle ou générationnelle car cette fragilisation renforcée des hommes serait une monstrueuse “couveuse” à pédophiles. » Ne pas avoir d’enfant semble une véritable hantise (satanique ?) pour le père Ariès, renvoyant immanquablement aux « déviances » sexuelles.

Ces histoires de « passifs » et d'« actifs » chez les homosexuels masculins semblent beaucoup titiller le camarade Ariès. Dans son livre Disney Land, Le Royaume désanchanté (éditions Golias 2002), nous apprenons par exemple que : « Freud permet, selon Guy Laval, de comprendre ce paradoxe : il explique que le plus insupportable pour un homme, c'est de se sentir en position passive. Il doit, alors, tout faire pour fuir ces identifications féminines qui le mettent en position dangereuse vis-à-vis des autres hommes... » Longe les murs camarade ! D'ailleurs, la science elle-même nous le révèle : « Savez-vous qu'il existe trois sortes d'homosexuels ? Les actifs, les passifs et les .... - les "quoi" ? - les ... - les quoi ? - LES SOURDS. » (Sketch des Inconnus).

Paul Ariès appelle donc à remettre les choses à leur place : « La capacité de transmettre le nom est intimement liée à la façon dont chacun fut nommé lui-même et s'inscrit dans son identité. Chacun produira ses relais en fonction de la marque reçue de l'inscription du désir de ses parents, désir de l'avoir ou de ne pas l'avoir'''. Or, une violente charge “féministe” en provenance des Etats-Unis est menée contre ce “nom-du-père” au profit du “nom-de-la-mère” ou éventuellement à égalité (?) de celui du père et de la mère. Ce rejet du “nom-du-père” apparaît comme le refus de s'inscrire dans une généalogie. Ces éco-féministes marquant le retour de la loi du sang rangent (in)consciemment les enfants du côté des animaux. » Et madame aux fourneaux : « J’ai choqué volontairement Isabelle Giordano et ses auditeurs de France Inter en lui confessant que je la fantasmais davantage en ménagère, qu’en super-consommatrice. », écrit-il dans un émouvant éloge de la ménagère. Ce fantasme de la femme à la cuisine est un leitmotiv chez lui. (ici). Se penchant sur le sujet, la journaliste de La Décroissance observera dans le numéro de juin 2011 : « L’analyse du système croissanciste à travers la grille de lecture du genre glisse parfois vers des interprétations qui prêteraient à sourire si elles n’étaient pas le fruit d’intellectuels reconnus. Que ce soit pour dénoncer le système capitaliste comme étant le seul produit de fantasmes masculins, ou pour rêver d’un monde meilleur entièrement fondé sur les “valeurs féminines”, les théories s’enlisent parfois dans des visions absolument réductrices de l’homme comme de la femme. Paul Ariès ne nous a pas épargnées »...

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Au travers un « appel solennel », Christian Terras
, directeur de la maison religieuse Golias, conclut avec l’auteur, Paul Ariès, le livre « La Face cachée du pape François » présentant ce dernier comme une figure de l’ultra-archi-réaction. Un ennemi commun avec la droite libérale conservatrice qui accuse ce pape d’« hérésie » (ici).

Dans son livre sur Disney, Paul Ariès écrit : « Alvin Toffler reconnaît que les objections ne manquent pas : est-il acceptable de gaspiller autant de ressources alors que la majorité de la population planétaire a faim ou que les trois quarts manquent de l'essentiel ? L'expert se demande, cependant, si ce n'est pas justement une bonne façon de transférer des ressources vers les pays pauvres que de leur permettre, ainsi, d'assouvir les désirs des populations riches ? Cette évolution semble pouvoir être rapprochée du mouvement “queer” prétendument libertaire. Nous avions évoqué ces idées dans notre ouvrage Le Retour du Diable. La revue Sciences Humaines (juin 2001) explique, à son tour, que cette tendance propose un point de vue nouveau sur la construction des identités, à partir d'études issues de mouvements féministes et gays : “La caractéristique des queers est de revendiquer le droit à la multiplicité des identités et à une remise en cause de l'étiquetage. L'identité queer ne se définit pas de manière substantielle par ce qu'elle est, mais par ce qu'elle transforme.” (Serge Chaumier in Sciences Humaines). Cette revendication du droit à la multiplicité des identités (sexuelles) ne répond-elle pas à un mouvement beaucoup plus large de déconstruction des identités et des repères, sans permettre pour autant un travail de recomposition ? » Etc. Dans cet ouvrage il se sert d'une citation de Jean-Paul II, comme référence positive (Paulariès met une citation de Georges Bernanos en exergue à la une de son site toute en diabolisant toute référence à Philippe Muray, comprenne qui pourra) pour dénoncer Disney. Et le père Ariès continue : « On profane ce qui était alors considéré comme sacré : la générosité, l'égalité, le génome humain, la vie assimilée à une chose brevetable, etc. On sacralise, parallèlement, le plus profane : la technique, le marché, l'entreprise, la “gagne”. La société connaît aussi une déritualisation avec le dé-mariage, les crises de la paternité, de l'école, des Etats-Nations, du politique, des églises, etc. Il y a, cependant, parallèlement, re-ritualisation, avec des phénomènes comme le culte des grandes marques ou la sportivation de la vie, etc. Le rite est indépassable car expression des plus archaïques de l'humanité. On a même dit que c'était le mode d'existence particulier des humains. Il permet en effet de penser et de restituer le réel en lui donnant un sens. (...) Le rite n'est pas un comportement routinier car il s'ouvre sur le sacré. Il est, selon l'étymologie du mot latin “rictus”, un acte qui prescrit les rapports entre les hommes, et, entre eux et les Dieux. » Ce genre de considérations définissent largement son travail aussi je renvoie le lecteur à ses ouvrages. C'est le même pour qui désormais la Manif pour tous est l'achèvement de l'abomination et les Femens des parangons de vertu. Si, si. Pour contredire du Paul Ariès, rien de mieux que du Paul Ariès. Plongez-vous dans son œuvre. Je vous promets un grand éclat de rire. Alors lequel des 2 est sincère ?

En réalité, Paul Ariès cherche seulement à instrumentaliser des personnes et les serviteurs des médias contre La Décroissance. Son très regretté Sarkophage de novembre 2012 se présente avec en Une un texte de Noël Mamère sur le mariage homosexuel. Paul Ariès nous disait son plus total mépris pour ce un cumulard et opportuniste qui a portes-ouvertes dans les médias.

Un mot quand même pour conclure sur l’aspect religieux, car ce n’est pas notre sujet ici. Dans son très anti-capitaliste soutien le journal Libération, le 7 septembre 2010, Paul Ariès racontait sa vie et expliquait avoir grandi « dans une famille de “bouffeurs de curés”, où l’engagement politique fait office de religion » (« Décroissant boulimique »). J’ai écouté ces histoires de personnes éduquées dans l’hostilité radicale à la religion et qui finissaient par se convertir. Elles expliquent avoir subi une sorte de « catéchisme à l’envers » qui les a inconsciemment conduit à la religion. Le spirituel serait comme le sexuel, refoulé il n’en deviendrait que plus puissant. C’est peut-être là l’explication de la fascination qu'exerce la religion sur le Papariès. Une fascination-répulsion qui altère une raison déjà fragile. D’un côté il nous explique que la religion catholique est intrinsèquement perverse (« religion catholique, religion capitalisme, même combat » titre-t-il dans son livre), de l’autre il ne cesse de donner des conseils à cette Église pour se réformer et va même jusqu'à se poser comme un acteur de mouvements religieux catholiques (« il participe depuis trente ans à plusieurs revues catholiques internationales » (ici), etc.), d’où une position totalement schizophrénique. Sa vision de l’Eglise ressemble d'ailleurs à celle du Da Vinci Code de l'américain Dan Brown ; un monde peuplé d’ordres mystérieux et de chevaliers ésotériques. Dans son journal Le Sarkophage Paul Ariès s’intéressait d’ailleurs très positivement à l’ésotérisme. La première interview pour son livre se fait sur une chaine internet spécialisée dans le paranormal et les ovnis (BTLV). Certaines de ses positions anthropologiques sont étonnamment les calques de celles les plus contestables de l’Église, par exemple le refus de toute remise en cause des limites démographiques, en contradiction totale avec les écologistes les plus « à gauche ». « Je suis athée ! Je suis athée ! Je suis athée ! » ânonne dappertutto Paul Ariès. Voilà qui ne manquera pas d’éveiller l’attention du psychanalyste. C’est sans doute ce qu’on appelle le « retour du refoulé ». Une vocation manquée pour le curé Ariès ?

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Humour noir : Le groupe royaliste Le Lys noir – qui rêve de « l’élimination physique à grande échelle du gauchisme en tant que type humain » car « c’est à un traitement “chilien”, à tout le moins, que nous devons réfléchir d’ores et déjà pour nos quelques millions de gauchistes. » (sic) pour imposer une tyrannie monarchique – reproduit les mensonges de Paul Ariès à mon encontre et ses sottises sur un lien avec Jacques de Guillebon (voir ici). Le Lys noir semble d'ailleurs vouer un culte à Paul Ariès : « un décroissant français, éminemment latin, comme Paul Ariès nous correspond davantage (...) son oeuvre (...) est probablement la plus réactionnaire que l’on puisse lire (...) Quand il parle du goût et de la cuisine, Ariès atteint des sommets d’érudition et de style. (...) Paul Ariès nous montre, quand il a le temps, la voie vers une décroissance à but littéraire suprême ! » (sic) (Le Lys noir numéro 17).

Vincent Cheynet, 2 avril 2016

* Un seul exemple, page 211, Paul Ariès accuse de cacher mon « engagement religieux » ! Diable ! Je serais un religieux. Plus largement, je n’ai pas de participation à d’association confessionnelle. Je ne m’en vante pas ; c’est très respectable de s’engager dans ces associations, qu’elles soient juives, chrétiennes ou musulmanes, en plus en n’en faisant pas état publiquement. Cela s’appelle aussi la laïcité, c’est-à-dire la séparation des sphères publique et privée. Une idée incompréhensible aux fondamentalistes et fanatiques de tous poils. Les nazis peignaient des étoiles de David sur les boutiques de commerçants juifs, Paul Ariès fait des croix sur les chrétiens pour les désigner à la vindicte dans un contexte qu’il sait anti religieux. Ses méthodes relèvent du pire.


Jean-Charles Gérard, directeur des éditions Max Milo, « des livres sérieux ».

 

Réponse à Paul Ariès : la décroissance ne sera pas un stalinisme

« Faut-il répondre à la calomnie, au risque de la propager ? Faut-il l’ignorer, au risque de lui laisser prendre crédit ? » Cet éternel dilemme n'aura jamais de réponse.

Clément Wittmann, et nombre des personnes qui soutiennent sa campagne, s'étaient auparavant engagé, puis avaient travaillé, à une candidature à l'élection présidentielle de 2012 de Paul Ariès. Clément Wittmann avait été jusqu'à renoncer à son propre engagement pour soutenir cet intellectuel. Après avoir donné son accord, ce dernier s'est quelques temps après rétracté pour des raisons restées incompréhensibles à tous. Paul Ariès mène désormais un travail de sape et une propagande noire contre la campagne de Clément Wittmann. Le rédacteur en chef de la revue Le Sarkophage se répand en rumeurs calomnieuses et écrit, par exemple, dans l'éditorial du dernier numéro de la revue qu'il a monté avec Florence Kurt et Bernard Delifer : « La décroissance (comme toute chose) pourrait déboucher sur le pire (...) le pire serait aussi une décroissance du “ni gauche ni droite”, donc de droite, au service des forces réactionnaires, notamment religieuses. » (16 juillet 2011). Il désigne clairement, mais courageusement sans le nommer, le candidat cycliste, mais pas seulement.

Camarade Ariès, encore un effort. Notre refus d'abandonner notre intelligence derrière une invocation mystique de la Gauche serait plus efficace encore si tu nous qualifiais directement de « fascistes ». On se demande d'ailleurs comment tu as pu collaborer au quotidien pendant plus d'une décennie avec ces forces sans t'apercevoir qu'elles étaient « de la droite réactionnaire », comme tu les qualifies... Un tel aveuglement devrait t'interroger. Paul Ariès s'est donc désormais rapproché de Fabrice Nicolino ; un journaliste collaborateur des grands médias parisiens qui martèle qu'il exècre la gauche. Un seul exemple : « Vous savez quoi ? La gauche m'emmerde. Toute la gauche, toutes les gauches. Besancenot comme Hollande ou Buffet, Arlette autant que Ségolène. Et même Nikonoff, Ramonet, Halimi et tous autres. Cela fait du monde, je sais. Pourquoi ? Parce que. Parce que la Chine, entre mille autres exemples. Rien à voir ? Si. » C'est un extrait d'un texte refusé par les mouvements que Paul Ariès désigne aujourd'hui comme « droitistes ». Fabrice Nicolino ânnone en revanche que seul un « sursaut moral » sauvera le monde mais surtout pas la politique. Fabrice Nicolino est aussi grand admirateur du milliardaire Teddy Goldsmith à la sensibilité écologiste pour le coup véritablement réactionnaire. Fabrice Nicolino qui n'hésite pas à titrer un de ses billets : « Des fleurs pour Chantal Jouanno » (alors secrétaire d'Etat à l'écologie de Nicolas Sarkozy). Comprenne qui pourra ! Mais a-t-on jamais construit quelque chose de positif sur une haine commune ?


Image du site construit par les « réactionnaires religieux de la droite honteuse » quand Paul Ariès voulait être leur candidat à l'élection présidentielle de 2012.

Pis encore, Paul Ariès se réjouit d'entretenir la division dans le microcosme des objecteurs de croissance : « cet éclatement de la décroissance est donc une bonne chose » (sic). « Eclatement » dont il porte fièrement la responsabilité mais qui n'est en fait que le repositionnement d'une seule personne qui parle très (trop ?) fort pour impressionner ses interlocuteurs. Tous les dissidents qui osent interroger la ligne définie par Paul Ariès sont renvoyé par le Guide à des positions minoritaires. Surtout, Paul Ariès distille désormais le poison de la rumeur en suggérant que ses contradicteurs seraient de la « droite catho ». Pour ma part, je ne connais qu'une personne qui a une pratique religieuse dans les personnes que Paul Ariès désigne (90 % au moins sont athées). Je ne dirai pas qui c'est ; cela relève de sa vie privée. Surtout, nous savons à quoi mène la logique qui consiste à désigner à une foule antireligieuse une personne pour sa confession. Camarade, tu peux nous dénoncer pour le lynchage aussi comme juifs ou bien musulmans pour être plus efficace. Quand c'est pour le bien du Peuple et contre la Réaction, la fin ne justifie-t-elle pas les moyens ? Le moins paradoxal n'est pas que dans le même temps Paul Ariès se revendique le chantre d'une décroissance « ouverte ». Pour mieux leurrer, on déclare toujours la guerre au nom de la paix.

Pour notre part, nous refuserons toujours que la décroissance soit un nouveau stalinisme et le masque d'une pensée de plomb. Certes, contrairement à Paul Ariès, nous ne nous vantons pas d'avoir fait des études au lycée Patrice Lumunba de Moscou (mais est-ce vrai au milieu de tant de mensonges ?) pendant la guerre froide et nous ne nourrissons aucune nostalgie pour ce type de rhétorique. C'est pitié que d'observer un intellectuel de talent, et un orateur exceptionnel, qui a tant apporté au mouvement des objecteurs de croissance, sombrer dans un pareil naufrage, une véritable spirale autodestructrice où il cherche à entrainer tout un mouvement qui n'a surtout pas besoin de cela. Après avoir lâché ses plus ardents soutiens, sans doute Paul Ariès est-il vexé de les voir participer à d'autres candidatures comme celle de Stéphane Lhomme. Et oui camarade, tu n'es pas pour nous un gourou et les sectes ne nous intéressent pas. D'autres raisons sont moins avouables que ces prétextes : Paul Ariès veut exister dans les grands médias et notre critique du système médiatique le dérange. Son rapprochement contre-nature avec Fabrice Nicolino n'y est sans doute pas étranger.

Tout contradicteur aux idées de Paul Ariès est désormais aussitôt désigné comme « de droite ». Les objections sont systématiquement qualifiées comme autant de « dérives droitistes » de personnes de « droite honteuse » (sic). Une logique typique de la rhétorique stalinienne ou de la grande époque du maoïste. Cette vieille rengaine du terrorisme intellectuel est destinée, non pas à nourrir le débat, mais à disqualifier et expurger ses contradicteurs. Très peu pour nous camarade ! Si comme il l'écrit désormais : « La décroissance est tout, sauf un appel à ce que chacun consomme moins », Paul Ariès s'est effectivement égaré en rejoignant le combat des objecteurs de croissance.

En attendant, les détracteurs de la décroissance doivent exulter... Et les lâches, qui sont toujours les plus nombreux, renverront comme c'est leur nature les protagonistes de cette triste affaire dos-à-dos.

Ne désirant pas davantage polémiquer sur des terres aussi fangeuses alors l'urgence est de nous tourner vers nos contemporains, j'invite tous les objecteurs de croissance à diffuser les idées de la décroissance dans un esprit constructif et ouvert, mais sans compromission.

Vincent Cheynet, 2 août 2011

 

 

Annexe le 2 septembre 2011

Médiapart diffuse des rumeurs calomnieuses de Paul Ariès sans vérifier

Paul Ariès continue sa campagne de rumeurs calomnieuses cette fois-ci grâce au site d’Edwy Plenel Médiapart. Le premier septembre 2011 est publié un article intitulé « OPA de l’Eglise catholique sur la décroissance » (ce qui est ridicule tant la position officielle de l’église catholique française est clairement en faveur du développement durable). Il est signé « LA REDACTION DE MEDIAPART », et engage donc ce site internet. Ce terrible scoop est présenté sous la rublique « Confidentiel ». Bigre ! C'est le même Edwy Plenel qui donne des leçons de déontologie à qui mieux-mieux. Les éléments de la cabale sont ainsi en place. L’objectif de la rumeur n’est pas le vrai ou le faux ; l’objectif est de salir : « Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose ! ». Il s’agit de jeter la suspicion et de faire réagir les sots. Grâce à eux, comme la mayonnaise, la rumeur doit monter, quitte à se dégonfler plus tard. C’est ainsi que l’on lance les lynchages.


Edwy Plenel, grand donneur de leçon de déontologie et pratiques de basses-œuvres

Paul ariès y va tout en nuances : « Choc des cultures. En début d'année, la montée en puissance des auteurs estampillés catholiques a participé à l'éclatement de la rédaction du journal La Décroissance, qui s'est entredéchiré autour de la parution d'un texte d'un membre de L'Action française, groupe royaliste et chrétien traditionaliste, Jacques de Guillebon. La décroissance se mettrait-elle à sérieusement pencher à droite, et même à l'extrême droite ? »

En fait d'« éclatement de la rédaction » celle-ci a, en réalité, fait bloc face à Paul Ariès et ses pratiques et méthodes. Pour précisions Bruno Clémentin est l'administrateur et éditorialiste de La Décroissance, Catherine Thumann est journaliste, Thomas Waring est le coordinateur de Casseurs de pub, je suis rédacteur en chef et directeur de publication. Nous sommes unanimement outrés par les pratiques et méthodes du rédacteur en chef du Sarkophage. La « montée en puissance des auteurs estampillés catholiques » est un pur mensonge.

Ce n'est pas la première fois que Paul Ariès, ex pigiste à La Décroissance, utilise cette accusation scandaleuse. Je vous livre cette réponse que j'avais faite à ce moment :

« - Dans son article sur Alain Soral, « Les grands écarts de Soral » (La Décroissance, n°78, avril 2011). Paul Ariès introduit ainsi :

« Nous connaissons tous un(e) OC sensible aux thèses d’Alain Soral. Le site de son mouvement politique a reproduit un dossier sur la décroissance publié par La Nef, un mensuel catholique très à droite. L’auteur, Jacques de Guillebon, débat aussi sur le site de l’Action française... Disons-le tout de suite : Soral est un adversaire, et pas seulement pour des raisons écologiques. Il voudrait se faire passer pour un homme de gauche, mais il déclarait en mai 2007 »

Jacques de Guillebon est cité juste ici. C'est moi qui avait demandé cet article à Paul Ariès pour le journal. Alain Soral me semblant être un danger.

- Jacques de Guillebon écrit à la décroissance le courriel ci-dessous :


De : jacquesdeguillebon <(...)@(...)>

Date : 12 avril 2011 18:57:47 HAEC

À : Vincent Cheynet <(...)@(...)>

Objet : Réponse à M. Ariès

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs de La Décroissance,

Je me permets de vous écrire librement et ouvertement pour ce que j’ai été rapidement cité par Paul Ariès au début de son article Les grands écarts de Soral, de façon aussi lapidaire qu’hasardeuse. Paul Ariès qui à l’évidence a des comptes personnels à régler avec Alain Soral se permet d’entamer son papier en relevant que le site Egalité et réconciliation de l’agitateur « antisioniste » avait un jour repris, et ce doit même être la seul occurrence du mot décroissance en ce lieu, un dossier que j’avais dirigé dans La Nef en 2007 – pour lequel Vincent Cheynet se souviendra, s’il a quelque mémoire, que je l’avais sollicité et qu’il avait accepté avant que de se rétracter.

M. Ariès, habitué au raccourcis facile, qualifie La Nef de « mensuel catholique très à droite » et note qu’il m’arrive de « débattre sur le site de l’Action française ». Deux assertions qui prouvent seulement l’usage relativement leste que M. Ariès fait des moteurs de recherche. S’il avait lu une fois La Nef, et même seulement ce fameux dossier sur la décroissance, il se serait aperçu que cette revue n’est pas très à droite et que si elle s’honore de ne rien devoir à aucun parti politique, la critique des libéralismes constitue l’une de ses lignes les plus nettes. Par ailleurs, il faut relever qu’elle ne se paie pas le luxe ridicule de Golias – qui publie souvent les livres de M. Ariès l’athée – de se dire catholique tout en reniant l’entièreté du dogme de cette même Eglise : elle est donc opposée à l’avortement, ou au mariage des personnes homosexuelles, par exemple, mais comme le sont tous les catholiques, ce qui doit suffire pour M. Ariès à la classer dans les enfers de l’extrême-droite.

Ai-je besoin de préciser que je n’ai jamais été consulté ni par M. Soral ni par aucun de ses collaborateurs lorsqu’ils ont repris le dossier de La Nef tel quel sur leur site, sans aucun commentaire ? Ce qui prouve simplement l’absence de capacité de réflexion propre d’Alain Soral. Pour moi, je n’ai eu le malheur de croiser ce personnage qu’une fois dans ma vie, et c’était il y a longtemps, en 2001 ou 2002 lorsqu’il avait fait paraître son Abécédaire de la bêtise ambiante dans lequel, on s’en souviendra, il ne faisait alors nulle profession d’antisémitisme, mais au contraire se laissait aller à traiter M. Dieudonné, depuis son meilleur ami, de tous les noms. Nous avions pris soin, dans la revue Immédiatement pour laquelle avec d’autres alors je l’interviewai, de noter les forts point d’achoppements que nous avions déjà avec sa pensée. Contrairement à M. Ariès je n’ai pour ma part jamais été ni rouge ni brun et c’est ce qui me rend assez ironiquement distant devant l’éventualité d’un complot nouveau qui rassemblerait selon la formule consacrée depuis vingt ans les uns et les autres.

M. Ariès devrait prendre garde au fait que son obsession ne finisse par se retourner contre lui : que cache en effet chez lui ce besoin, pressant comme une envie de pisser, de dénoncer le risque quotidien d’extrême-droitisation ? M. Ariès qui a longtemps eu le même éditeur (Golias) qu’un Thierry Meyssan par exemple, avec qui il semble qu’il partage encore quelques amis, comme l’étrange maire communiste de Grigny René Balme, chercherait-il à détourner l’attention de son propre cas ? Cas psychanalytiquement typique d’agitateur « politique » qui se découvre sans cesse une nouvelle cause à défendre, un nouveau complot à dénoncer, une nouvelle peste à faire reculer, M. Ariès n’a à l’évidence strictement avancé aucune proposition utile à l’idée de décroissance depuis qu’il a rejoint les rangs de la revue éponyme il y a quatre ou cinq ans. Et sinon terroriser tous ses petits camarades en agitant son chiffon rouge-brun bien souillé par les années, on en vient à se demander quel est son rôle véritable dans ce mouvement qui pouvait jusque là s’honorer de sa diversité, de sa capacité de rassemblement et de dialogue au-delà des vieilles frontières définies par la domination. M. Ariès semble s’être octroyé de droit divin la mission de changer le mouvement des objecteurs de croissance en un nouveau parti des Verts, c’est-à-dire absurdement tenté par le jeu minable des querelles politiciennes habituelles. On pourrait aisément, on devrait même, lui demander plutôt des comptes à lui, notamment sur sa suspecte amitié pour des personnages comme Yves Cochet, ce malthusien de bas-étage qui fait carrière chez les Verts depuis si longtemps, ou pour Jean-Luc Mélenchon, ce populiste productiviste dont les rapports avec le PCC, cet admirable parti totalitaire qui fait de la Chine le nouvel empire de la production et de la consommation, sont tout sauf clairs. Et l’on pourrait continuer. Qui donc est M. Ariès pour préempter, en sus du combat pour la décroissance qui ne lui doit rien, la stature d’un Père-la-Morale ? Il y a déjà Edwy Plenel pour ça.

Aussi, que les choses soient claires : moi, qui suis catholique, je suis singulièrement protégé par l’essence de ma foi de tout racisme et de toute collaboration avec n’importe quel mouvement qui promouvrait de telles idées. Si je collabore à l’Action française, entre dix autres supports c’est que ce mouvement, et qui a quelque culture politique contemporaine le sait, a rompu radicalement depuis soixante ans avec la doxa antisémite et raciste de son fondateur, et qu’il demeure au contraire l’un de ces rares lieux où la parole dans sa critique du libéralisme productiviste est libre.

Aussi, pour conclure de manière évangélique, si nous avons certainement tous des choses à corriger dans notre existence, je propose que nous balayons d’abord chacun devant notre porte – et cela s’adresse à l’irréprochable M. Ariès aussi.

Jacques de Guillebon

*

- Ne voulant pas publier l'ensemble du message, nous estimons toutefois que, comme Jacques de Guillebon est cité, cela lui ouvre le droit à une réponse sur les erreurs factuelles. Nous publions donc cet extrait dans le courrier des lecteurs de La Décroissance suivant :



- Nous voici accusé par Paul Ariès de connivence avec l'Action française ! Le même qui crie au stalinisme...


Pour information j'avais refusé de répondre à La Nef car c'est pour moi une revue intégriste, islamophobe. Des personnalités classées à gauche y ont en revanche répondu.

Bien amicalement

Vincent Cheynet »

*

5 septembre : Le site Médiapart nous informe que la rédactrice de ce texte signé « LA REDACTION DE MEDIAPART », est madame Jade Lindgaard.

*

José du côté obscur de la force, par Paul Ariès, La Décroissance, n°76, février 2011

« Je suis radical dans ma vision et pragmatique dans ma pratique. »  José Bové, Bakchich.info, 29-04-2009. Si nous sommes nostalgiques de José le « radical », l’homme à la faux, à la pipe et aux menottes, nous restons de marbre devant Bové le « pragmatique », se laissant porter par les escaliers mécaniques du parlement européen pour rejoindre dans un parking souterrain le chauffeur de sa Mercedes noire lustrée. Allez José, après avoir rempli sagement ton mandat de député des Verts-Europe Ecologie, reviens faire la révolution avec nous, désobéis !

Je fais partie des militants objecteurs de croissance qui ont longuement cheminé avec José : conférence à sa demande préparatoire au fameux démontage du McDo, ouvrage d’entretien juste après sa première sortie de prison, « grand témoin » lors du procès de José et des 9 inculpés, marche nationale pour la décroissance avec l’âne Jujube et l’ami François Schneider aux côtés de Serge Latouche et d’Albert Jacquard, etc.

Ce José-là, avec ses moustaches de gaulois rebelle, on l’aime tellement qu’on aurait voulu qu’il accepte, en 2007, d’être le candidat des idées de la décroissance. En 2002, Pierre Rabhi s’était en effet retiré de la campagne faute d’obtenir les 500 signatures de grands élus. Cette fois, on voulait faire campagne jusqu’au bout même si nous n’avions pas les parrainages, histoire de faire parler de décroissance. Mais José Bové a tranché : il serait seulement un candidat 100 % antilibéral. Nous sommes revenus plusieurs fois à la charge, car nous savions que nous avions besoin d’une grande gueule pour porter nos idées, celle de la remise en cause de la foi béate dans le progrès, celle d’une rupture avec le mythe d’une croissance verte soi-disant génératrice d’emplois et d’écologie.

Le cirque médiatique
José a de la suite dans les idées et sa réponse n’a pas changé : le moment n’était pas encore venu, selon lui, de porter haut les couleurs de l’antiproductivisme et de l’objection de croissance. Les conditions n’étaient pas réunies. Nous avons finalement campé durant sa campagne dans une posture qualifiée alors d’« accompagnement critique » : Oui à José, non à Bové ! Anticapitaliste certes mais pas seulement. Notre argumentation était simple ! Mieux valait un faible score obtenu sur des thèmes permettant de créer un nouvel espace politique, qu’un bon score obtenu au prix d’une campagne ne rompant pas avec les gauches antilibérales mais productivistes. La campagne Bové n’a finalement permis de faire ni du « neuf » ni un bon score électoral, preuve par l’absurde que l’antilibéralisme et l’anticapitalisme ne suffisent plus. Ce double échec a été très vite et très bien analysé par certains proches de José comme l’ami Youlountas. Le Plan B a également diffusé en DVD un excellent film de Damien Doignot, José Bové, le cirque médiatique. Ce film entendait poser la question du dévoiement médiatique dans lequel seraient tombées les candidatures Bové et Besancenot en acceptant l’humiliation et la bêtise des plateaux télé. Le pire, c’est qu’il ne s’agit même pas de la force du système qui mangerait tous les candidats, car ce choix fut, chez Bové, totalement assumé. Il résulte d’une stratégie consciente qu’exprime très bien celui qui relança sa campagne, Yannis Youlountas : il s’agissait ni plus ni moins d’utiliser le système, y compris avec ses côtés les plus sordides. Yannis expliquait que l’heure était à la « démoscopie » c’est-à-dire à la manipulation des masses. Le stratège boviste ajoutait donc : « il nous faut passer (une dernière fois ?) par une figure charismatique capable d’être le nom rassembleur d’un mouvement sans chef mais avec un symbole et un porte-étendard » ; « Bové représente un crédit d’image nécessaire pour gagner puis sortir de ce système. »

Docteur José, Mister Bové
Comme La Décroissance n’est jamais partisane de tirer sur des ambulances, nous avons su modérer notre déception. Nous avons même invité José à nos contre-Grenelle, mais sans succès. C’est que Bové était déjà ailleurs : il avait accepté durant l’entre-deux-tours, le 27 avril, une mission auprès de la candidate Ségolène Royal. Acceptation fort contestable au regard du contenu de la campagne de la dame de Désirs d’avenir, au moment même, de surcroît, où la candidate « socialiste » voulait débaucher Bayrou et lui proposer le poste de Premier ministre. Bové mordit peu après à l’hameçon sarkozyste en répondant favorablement à l’appel de l’homme du Fouquet’s en acceptant de participer au Grenelle de l’environnement. Bové n’a cependant pas seulement participé à cette mascarade, il n’a jamais cessé d’encenser la grande prêtresse gouvernementale du développement durable, Nathalie Kos­ciusko-Morizet, nouvelle ministre de l’Écologie. On nous confiait à l’époque que la polytechnicienne repeinte en vert serait une alliée de choix, une vraie « écolo » empêchée d’agir par l’appareil de l’UMP. Allons donc ! NKM a conduit à bon port sarkozyste le Grenelle des dupes puis, une fois cette victoire remportée sur l’écologie antilibérale, elle a été aussitôt chargée de mettre sur les rails l’informatisation accélérée de la société en tant que secrétaire d’État à l’Économie numérique. Sans l’entourloupe du Grenelle, jamais les frères Cohn-Bendit n’auraient réussi leur OPA sur l’écologie politique, jamais l’écologie n’aurait été livrée à des technocrates verts issus d’ONG autoproclamées représentatives, avec le soutien des pouvoirs sarkozystes…

Il ne regrette rien…
Deux ans après, alors que l’un après l’autre, les participants avouent s’être trompés, Bové, lui, ne fait toujours pas partie des déçus officiels du Grenelle. Il refuse d’admettre qu’il s’est fait avoir. Il s’entête et considère que l’UMP aurait fait un hold-up (sic) sur le Grenelle mis en place pourtant par Sarkozy/Borloo/NKM. Bové annonçait même lors du vote du Grenelle 2 son soutien à la secrétaire d’État Chantal Jouanno avec laquelle, comme avec NKM, il dit ne pas avoir de problèmes. Bové défendait d’ailleurs l’idée d’une taxe carbone et expliquait à Fogiel que les États-nations étaient mieux placés pour agir que l’Europe. Le même José expliquait ailleurs que « beaucoup restent sur une logique archéo-souverainiste dans le cadre étroit de l’État-nation : enfermons-nous entre nous, et ça ira mieux comme ça ! » (Libération, 16-12-2008). Comprenne qui pourra ! Printemps 2010 : après Royal, après Borloo/NKM/Jouanno, c’est au tour de Dany et de Gaby Cohn-Bendit de démarcher José. Le voilà donc candidat des Verts-Europe Écologie, avalant pour cette « bonne cause » son bulletin de vote lors du référendum constitutionnel contre cette Europe capitaliste et productiviste. On connaît la suite : le voici élu tout jeune député européen. Comme à l’époque, les OC ne manquaient pas de compagnons de route au sein des Verts, José aurait pu être des leurs. Tiens, il aurait pu renforcer nos amis d’Utopia ou s’allier avec Cochet avant qu’il ne choisisse lui-même Hulot. Mais non, José choisira de rejoindre l’association des Amis d’Europe Écologie, à ne pas confondre avec Europe Écologie… Fondée par Gaby Cohn-Bendit, son objectif est d’en finir avec les Verts et de recentrer l’écologie. On se souvient que Gaby déclarait qu’il voulait faire d’Europe Écologie un mouvement qui aille « de José Bové à Nathalie Kosciusko-Morizet » (Canal plus, été 2009). José, tu ne pourras pas dire, demain, que tu ne savais pas !!!

La métamorphose
Beaucoup pensèrent alors : José est mort ! Vive Bové ! Le député européen marche en effet dans les pas des frères Cohn-Bendit, épousant tactiquement chacun de leurs choix. Dany veut enterrer les Verts par le biais d’Europe Écologie, Bové applaudit. Dany propulse Eva Joly comme candidate naturelle des écologistes à la présidentielle de 2012. Bové déclare aussitôt sa fougue à celle qui lave plus blanc que vert. Comment José a-t-il pu devenir Bové ? Que reste-il de José ? Il y a derrière sa conversion deux hommes : le faiseur de stars politiques Denis Pingaud, conseiller en marketing politique, celui qui inventa le Besancenot médiatique et qui cherche à imposer comme candidate depuis cet été Eva Joly, et Jean-Paul Besset, l’idéologue de la conversion des Verts à EE (voir notre écotartufe, page 6).

Du tracteur à la Mercedes
Voilà donc Bové, non seulement député mais vice-président de la « commission de l’agriculture et du développement rural » de l’Europe grâce à un coup de bluff de Cohn-Bendit. Bové est un député hyperactif. Mais que fait-il exactement ? À la base, beaucoup regrettent ce qu’ils ressentent comme une désertion. Comment être député européen sans être happé par la logique des institutions, logique mortifère dès lors que les votes des députés ne relaient pas des rapports de force construits dans des luttes sociales, dès lors que les élus croient pouvoir se substituer au peuple. On finit par se perdre parmi les eurocrates, non pas tant parce qu’on touche un salaire mensuel élevé de 6 000 euros nets dont 1 200 (seulement !) sont reversés au parti, non pas tant parce qu’on roule en Mercedes noire lustrée avec chauffeur mais parce qu’on se mettrait à penser et à vivre comme un « oui-ouiste européen » préférant l’avion au TGV, le TGV au TER, le TER au vélo et à la marche à pied. Parce qu’à trop fréquenter les puissants, on finit par y perdre son patois, parce que faute de mobilisations sociales, les camarades-députés, ministres, présidents finissent toujours par prendre les vessies libérales pour des lanternes antiproductivistes. Un exemple ? Autant j’aime bien ton blog, José, parce que tu y racontes plein de belles choses comme « l’Europe va de crises financières en crises financières. Elle renfloue les banques, elle soutient à bout de bras des fonds financiers qui ont joué avec le feu », autant tu devrais lire, parfois, celui des eurodéputés d’Europe Écologie dont tu es… On y parle de solidarité durable dans la zone euro (comme si l’euro actuel n’était pas une partie du problème), on y défend les fonds de secours créés par les États… comme s’ils ne servaient pas d’abord à sauver les banques et affamer les peuples. On y parle de bâtir un cadre solide de gouvernance (sic) et d’entreprendre la transition de l’UE vers un modèle de développement durable et social juste (sic). Un autre exemple ? José fait un gros et un bon boulot lorsqu’il dénonce les multinationales en Afrique, lorsqu’il stigmatise les accords de partenariat économique entre l’UE et les États africains, lorsqu’il défend la souveraineté alimentaire au Cameroun, lorsqu’il donne la priorité à la lutte contre le gaspillage énergétique plutôt qu’aux nouvelles technologies, lorsqu’il participe à la création d’un Comité de vigilance contre les prospections de gaz de schiste, mais comment peut-il alors encenser les Borloo/Jouanno/NKM qui font ces politiques ?

Redeviens désobéissant !
Bové a aussi fait un gros et un bon boulot en rédigeant son rapport sur le « revenu minimum des agriculteurs européens » qui propose notamment la création d’un observatoire des coûts de production et l’instauration de la transparence sur les marges des dix plus grands transformateurs, c’est-à-dire la grande distribution. Mais peut-on croire à la traduction juridique d’un texte voté avec le soutien des « socialistes » européens mais aussi du « PPE », c’est-à-dire le centre-droit européen, et voté y compris par les très sarkozystes députés de l’UMP comme Michel Dantin et Christophe Béchu, ami personnel de Sarkozy, alors que toutes les politiques menées depuis des décennies par ces mêmes forces politiques ont tué la paysannerie et favorisé l’implantation de la grande distribution. Que Bové mène le combat contre la viande clonée et les nanoparticules dans les produits alimentaires est heureux (même si certains s’y opposent juste parce que les États-Unis sont plus avancés dans ce domaine que l’Europe), mais l’Europe choisit au même moment de poursuivre sa marche en avant vers toujours plus d’OGM. La renationalisation de la question des OGM voulue par la Commission va permettre, faute de contrôle aux frontières, aux produits OGM de circuler tout à fait librement au nom du principe de non-discrimination entre productions nationales et non nationales. Peut-on dès lors se satisfaire de la réponse du député Bové lorsqu’il explique que le dernier mot devra être celui des consommateurs eux-mêmes ? Que l’Europe libérale adhère à cette vision et fasse de l’étiquetage son enjeu, c’est normal. Mais un écolo peut-il se retrancher derrière le « pouvoir » des consommateurs ?

Glissements de terrain
On sent chez Bové un glissement constant qui le conduit à partager bien des combats des libéraux libertaires du clan Cohn-Bendit. Encore un effort et Bové finira membre de Terra Nova, club de pensée patronné par Rocard qui alimente intellectuellement les écologistes libéraux à la DCB. Comment s’étonner dès lors qu’après avoir refusé en 2007 d’être un candidat antiproductiviste pour être un candidat antilibéral, Bové choisisse en 2012 de soutenir Eva Joly, qui ne combat pas le capitalisme mais entend le moraliser ? Je ne peux pas croire Denis Pingaud, son conseiller en com’ qui a impulsé sa campagne en 2007, lorsqu’il confie à Libération (18-11-2010) que Bové « déporté » lors de la présidentielle de 2007 aurait retrouvé son axe (sic). S’agit-il d’un axe plus à droite ? Ou est-ce une façon de dire que le Bovéisme n’aurait été finalement qu’une aventure personnelle ? Dans le même article, Michel Dupont, son assistant parlementaire, lui aussi un ancien de la « Conf » confie : « On se pose sans arrêt la question : est-ce qu’on va se faire baiser ou pas ? » On peut avoir une idée de la réponse en posant à Bové les questions soulevées jadis par José.

En matière d’élections, tu disais qu’il ne fallait pas être candidat si on n’était pas certain d’être élu et d’être efficace. On sait bien José que tu aimes moins le pouvoir que l’action. Mais est-ce que le monde est moins une marchandise depuis que tu es député européen avec Jadot ? José, tu dis que « les vieilles manières de faire de la politique, c’est terminé », (Politis, 11-6-2009). Est-ce pour cela que tu fais publiquement la bise à NKM ? Est-ce pour cela que tu nous as offert ce face-à-face surréaliste avec la même représentante de Sarkozy : « Bon ben écoute, moi ce que j’ai entendu hier de la part du président de la République j’ai trouvé que sur la question des OGM ça allait dans le bon sens et donc je voulais quand même le dire publiquement, parce que j’ai quand même pas l’habitude de faire souvent des compliments et là  je pense qu’il y a eu des propos importants. Alors maintenant… » Est-ce pour cela que NKM a apprécié non pas de découvrir que tu dépassais les clivages mais que tu dises les choses : « Ben merci José ! Moi j’apprécie parce que j’apprécie toujours quand on dit les choses, c’est pas toujours facile en politique et je trouve ça, je trouve ça vraiment bien. » Tu vois la grande différence entre nous, José, c’est que, toi, tu dis « travailler avec elle depuis dix ans ». Nous, nous nous contentons de la combattre depuis dix ans car nous ne pensons pas, mais vraiment pas, qu’il puisse y avoir une « Union sacrée » pour sauver la planète. L’écologie politique ou NKM, José, il faut choisir ! Comment peux-tu également ne pas voir qu’en soutenant YAB (plus qu’il ne te soutient...), tu contribues malgré toi à la ruine de l’écologie politique ?

Du patois à la langue de bois
En matière de souveraineté alimentaire, pourquoi parles-tu désormais, José, de « souveraineté alimentaire européenne ». Le maître mot de nos combats n’est-il plus la relocalisation à une échelle géographique tout de même un peu plus réduite ? S’agit-il de défendre la commercialisation de tomates espagnoles en France et de poires portugaises en Allemagne ? En matière de politique agricole globale, faut-il abandonner le terme d’« agriculture paysanne » au profit de celui d’une « agriculture durable », comme tu le fais dans Libé ?

En matière de social : José, dis-nous que tu n’es pas d’accord avec Dany Cohn-Bendit au sujet de la réforme de la retraite, en matière de SMIC jeune, de privatisation des services publics. Dis-nous que contrairement à Dany, tu ne considères pas les objecteurs de croissance comme des « crétins ». Alors José, deviens le premier député européen à prôner la « décroissance économique » et la désobéissance politique ! Toi qui préféras longtemps le dissensus au consensus, reconnais que cela aurait de la gueule, un vice-président de commission qui se ferait le chantre de la décroissance.

En matière de démocratie. Allez José, rassure-nous ! Dis-nous que tu ne feras qu’un unique mandat, car si nous devons avoir des élus, nous n’avons pas besoin d’élus à vie comme Cohn-Bendit et tant d’autres. Toi « l’anar-député », le « vice-président libertaire », ne fais pas carrière comme représentant du peuple, même si ta retraite après un mandat ne sera que de 1 200 euros au lieu des 2 500 euros si tu devais être réélu…

En matière d’écologie, dis nous, José, que les thèses de NKM te glacent d’effroi. Dis-nous que ton combat, ce n’est pas d’adapter la planète aux conséquences du réchauffement climatique mais de continuer à empêcher la barbarie qui vient. Dis-nous qu’entre l’Europe productiviste et le sort des pauvres, tu choisis la Bolivie qui dit M… au texte de Cancún. On ne pourra jamais croire que tu partages l’avis de l’eurocrate Jadot qui explique que les négociations sont de nouveau sur les rails. Bon Dieu, José, c’est lui qui déraille… Dis-nous que tu choisis l’Équateur et son plan de sortie du pétrole, dis-nous que tu vas devenir au sein du parlement européen le champion du financement par l’Europe et ses États-membres du fameux projet « Yasuni ». Dis-nous, José, que le pétrole, tu le préfères dans le sous-sol équatorien que dans les avions qui te conduisent de Montpellier à Bruxelles.

En matière politique, dis-nous que si, le 5 décembre, tu n’étais pas présent à la petite sauterie organisée par les frères Cohn-Bendit sous le nom de « Coopérative politique » avec notamment Eva Joly, Noël Mamère, Serge Orru de WWF, le second de Lepage, des membres du Modem et… Marie Bové, ce n’était pas seulement une question d’emploi du temps, mais bien parce que tu ne manges pas de ce pain ranci. Dis-nous qu’au-delà du petit jeu qui consiste à laisser croire que le seul danger serait le retour d’une écologie du « ni ni » (ni de gauche ni de droite, donc de droite), la grande question est de savoir si Europe Écologie-les Verts doit se choisir comme partenaire privilégié (sinon unique) le parti « socialiste » bien peu à gauche mais tellement productiviste. José, si, en 2012, tu veux nous faire choisir Strauss-Kahn contre Sarkozy, sur fond de montée de l’extrême droite, alors autant que tu le saches tout de suite, pour nous, ces deux candidats du productivisme, c’est « blanc bonnet et bonnet blanc » (sic). José, tu peux être d’ici 2012 la grande gueule qui appellerait à une alliance privilégiée des « écolos » avec les gauches antiproductivistes. Souviens-toi de ton soutien à la liste Audaces de Lyon (contre celle des Verts). Ne nous dis pas que ce fut une erreur de jeunesse. Bové, le vent du Larzac ne souffle pas en direction du libéralisme et des libéraux-libertaires. Redeviens notre général Luddite. Tu a su t’opposer au nucléaire, démonter un McDo, faucher des champs OGM, tu sauras bien nous déboulonner d’autres idoles du productivisme comme les frères Cohn-Bendit…. Faut-il te supplier José pour que tu acceptes d’endosser l’habit de la désobéissance européenne ? Comment peux-tu laisser croire que l’on pourrait changer le monde avec cette Europe-là ? José reviens ! Car Europe Écologie est le symptôme de la dépolitisation de l’écologie politique, de la victoire des technocrates verts sur les militants de terrain… José reviens ! Car l’Europe qui se construit sera le méchant loup qui te mangera, petit gaulois, et finira par vendre ta moustache et ta pipe...

 

 

 

« Celui qui
croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »
Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.

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