Colloque

Impasses de la “croissance zéro” ou de “l’état stationnaire”

Sylvie Ferrari,

CEMAGREF - Bordeaux,

CERESUR, Université de La Réunion.

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“Briefly, continuous existence in a finite environment necessarily requires qualitative change. And it is this qualitative change that accounts for the irreversibility of the economic process, of any actual process for that matter.”

[Georgescu-Roegen, 1976]

1.     Introduction

Généralement, la littérature économique associe la croissance économique à une augmentation d’un agrégat (revenu réel ou PIB en valeur) considéré dans sa globalité ou per capita. Plus précisément, la croissance économique se définit par l’augmentation continue de la quantité produite de biens et de services par habitant, relativement à un espace économique donné [Arrous, 1999]. La croissance économique peut se traduire alors par une augmentation de l’échelle de l’économie ou de la taille physique du système économique au sein de la biosphère [Daly, 1990] .

Tableau 1 : PIB par tête en Europe et aux Etats-Unis, 1820-2000.

Source : D’après Gordon, R.J., « Deux siècles de croissance économique : l’Europe à la poursuite des Etats-Unis », Revue de l’O.F.C.E., 84, Janvier 2003.

De son côté, le développement économique a un contenu normatif et très variable. Des éléments qualitatifs tels que l’éducation, les connaissances scientifiques, l’accès aux ressources naturelles, la qualité de l’environnement, la répartition des richesses, la distribution du revenu dans l’économie, ou encore les conditions de vie constituent autant d’éléments caractérisant le développement. Ce dernier conduit alors à une amélioration qualitative du potentiel de l’économie. Une citation empruntée à E. Malinvaud [1991, p.227] permet d’illustrer ce point. Il écrit : « La croissance économique n’est évidemment pas synonyme de développement, une notion qui évoque des valeurs humaines, sociales, culturelles, voire psychologiques ; mais la croissance économique est généralement perçue comme favorable au développement […]. »

C’est précisément cette dernière partie de la citation, laquelle établit un lien naturel entre développement et croissance, qui peut être discutée. Il n’est pas toujours évident que des conditions favorables à la croissance favorisent le développement et inversement. Si certains auteurs tels que N. Georgescu-Roegen [1976] et H. Daly [1990] considèrent que le développement et la croissance économique ne sont pas nécessairement compatibles entre eux, le choix d’une croissance zéro n’est pas pour autant toujours considéré comme une solution dès lors que les questions environnementales surgissent. L’élévation du niveau de revenu dans l’économie s’accompagne d’une plus grande pollution de l’environnement du fait de la place accordée aux ressources énergétiques fossiles.

A titre d’exemple, quelques indicateurs énergétiques du développement en Europe au 19ème siècle montrent l’impact croissant sur l’environnement naturel des activités économiques (cf. tableau 2). En particulier, la diffusion de la machine à vapeur dans de nombreux secteurs de l’économie, puis celle de l’électricité, conduit à accroître considérablement les prélèvements de charbon jusqu’au début du 20ème siècle. Au cours de ce siècle, le développement du secteur des transports s’est accompagné d’un recours croissant au pétrole.

Tableau 2 : Indicateurs énergétiques du développement en Europe au 19ème siècle

 

Grande-Bretagne

France

Allemagne

Production de charbon, lignite (a)

1820-1824

1830-1834

1850-1854

1870-1874

1890-1894

1910-1913

17.70

22.80

50.20

123.20

183.20

275.40

1.10

2.00

5.30

15.40

26.30

39.90

1.20

1.90

9.20

41.40

94.00

247.50

Production d’énergie électrique (b)

1907

1913

1920

1930

2.70

4.80

8.50

17.70

0.70

1.80

5.80

16.90

3.20

5.00

14.50

29.10

Production d’automobiles (c)

1905

1913

1930

1938

32

208

1524

2422

22

125

1460

2251

27

93

679

1816

D’après G.F. Ray, « Energy and the long cycles », Energy Economics, January 1983.

(a)  : moyennes annuelles, en millions de tonnes.

(b)  : en milliards de kWh.

(c)    : en milliers de véhicules.

Dans ce contexte, nous proposons de présenter dans un premier temps les termes renouvelés du débat autour des questions environnementales, de la croissance et du développement. Puis, nous analysons les concepts de croissance économique et de développement à la lumière de l’approche bioéconomique de N. Georgescu-Roegen. Nous montrons les limites que peut représenter l’état stationnaire dès lors que le système économique s’inscrit dans une perspective entropique. Enfin, la voie de la décroissance est analysée dans sa dimension globale (biosphère) en intégrant les contraintes environnementales.

2.     Environnement, croissance et développement : les termes du débat

Les questions environnementales ne sont pas nouvelles et ont accompagné l’histoire des sociétés humaines au cours de leur développement. Par exemple, l’épuisement des ressources naturelles est un problème majeur dès le 19ème siècle chez les économistes classiques tels que Malthus, Ricardo, et Jevons. Ce dernier apportera notamment une contribution fondamentale en 1865 sur le déclin probable de la puissance britannique du fait de  la raréfaction croissante du charbon en Grande-Bretagne.

La question de la raréfaction ressurgit dans les années 1970 avec les travaux du Club de Rome [Meadows et al., 1972], tandis que la première conférence mondiale sur l’environnement se tient à Stockholm. Le rapport est alarmant et pessimiste : dans un contexte de croissance démographique, de pollutions et de raréfaction des ressources de la planète, la solution proposée est celle de la croissance zéro. A cette croissance est associé l’état stationnaire, i.e. un état où les variables par tête de l’économie demeurent constantes dans le temps.

Cependant, cette vision « malthusienne » [1] du développement à l’échelle globale s’est révélée erronée du fait du rôle joué par le progrès technique dans l’élévation du revenu par tête et de l’abondance des ressources naturelles considérées dans leur ensemble. Concernant cette question, de nombreux travaux ont été réalisés afin de mesurer la raréfaction des ressources naturelles épuisables (minérales et énergétiques). Récemment, Brown et Wolk [2000] ont montré que le rôle du progrès technique est déterminant pour lutter contre la raréfaction des ressources in situ [2] . Néanmoins, la question de la mesure de la rareté d’une ressource n’est pas indépendante de la définition retenue. Stern [1999] propose d’articuler deux notions autour de la rareté : la rareté d’usage et la rareté d’échange. L’exemple de l’énergie peut sur ce point illustrer l’importance de ces deux concepts. Les études statistiques montrent une diminution de la part de l’énergie dans le PIB pour la plupart des pays industrialisés. L’input « énergie » dans la production est donc faible. Selon Stern, c’est la faible valeur d’échange de l’énergie résultant de son abondance qui est à l’origine de ce résultat. Mais, comme l’énergie est largement utilisée dans tous les secteurs de l’économie, sa valeur d’usage est très élevée. Elle constitue même un facteur essentiel car, sans énergie, aucune production n’est possible. Ce que révèle Stern est fondamental : la mesure de la rareté est en réalité tronquée dans les études économiques où seule la valeur d’échange compte. En effet, c’est la rente ou le prix de marché de la ressource qui est considéré.

Mais, à la fin des années 1980, la problématique « croissance versus environnement » prend une  nouvelle dimension avec l’apparition de pollutions globales (destruction de la couche d’ozone, effet de serre, pluies acides…). Le changement de perspective pour la croissance économique est alors incontournable : il s’agit d’intégrer dans l’analyse économique les limites imposées par des modes de production et de consommation fortement perturbateurs des équilibres de la biosphère. Le cas de l’effet de serre est particulièrement révélateur. La révolution industrielle s’accompagne de l’utilisation prédominante de combustibles fossiles (charbon et pétrole principalement) dans de nombreux secteurs de l’économie (industrie, transports…). Cela a un effet direct sur le fonctionnement du cycle du carbone : depuis 1800, la teneur en CO2 (concentration en ppm [3] ) de l’atmosphère croît (cf. tableau 3).

Avec le début de l’ère industrielle, les émissions d’origine anthropique ne cessent d’augmenter tandis que les puits de carbone ne parviennent pas à absorber les excédents : le processus de libération du CO2 s’effectue à un rythme beaucoup trop rapide. Les conséquences attendues, et parfois déjà révélées, sont l’élévation de la température moyenne de la terre, l’élévation du niveau des mers, la fonte des glaciers ou encore des modifications climatiques et météorologiques [OMM, 2001 ; Reeves, 2003].

Tableau 3 : Evolution de la concentration de C02 dans l’atmosphère

1800

1985

1990

2000

2100

275 ppm

345 ppm

354 ppm

369 ppm

551 ppm*

* : sous le Protocole de Kyoto.

            Au niveau mondial, les émissions de CO2, principal gaz à effet de serre, incombent principalement aux pays industrialisés, pays qui ont bâti leur développement économique sur l’emploi de ressources fossiles et pour lesquels la transition démographique est aujourd’hui achevée (cf. tableau 4).

Tableau 4 : Emissions de CO2 dues à l’utilisation de l’énergie dans le monde

Emissions de CO2 par habitant

unité : tonne de carbone par habitant

   

1985

1990

1995

1999

Amérique du Nord

4,27

4,24

4,25

4,34

 

Canada

4,22

4,19

4,19

4,51

 

Etats-Unis

5,30

5,32

5,39

5,52

 

Mexique

1,00

1,00

0,97

0,98

Amérique latine

 

0,47

0,50

0,55

0,56

Europe de l'Ouest (1)

2,29

2,22

2,12

2,05

dont : Union européenne à 15

2,29

2,41

2,33

2,26

 

Allemagne

3,62

3,37

2,95

2,74

 

Belgique

2,90

2,99

3,15

3,11

 

Espagne

1,35

1,51

1,71

1,85

 

France

1,90

1,82

1,69

1,72

 

Italie

1,74

1,96

2,02

2,00

 

Pays-Bas

2,82

2,94

3,15

2,95

 

Royaume-Uni

2,74

2,77

2,64

2,38

 

Pologne

3,25

2,50

2,37

2,15

Europe de l'Est (2)

 

1,98

1,87

1,38

1,05

dont :

  ex-URSS

3,46

3,41

2,32

2,07

Afrique

 

0,28

0,27

0,27

0,23

Moyen-Orient

 

1,30

1,36

1,57

1,59

Extrême-Orient

 

0,94

1,16

1,41

1,80

dont :

Chine

0,49

0,57

0,68

0,64

 

Japon

2,05

2,25

2,50

2,43

Océanie

 

2,86

3,13

3,22

3,42

Monde

 

1,10

1,11

1,07

1,05

(1)     : Europe OCDE y compris la Hongrie, la République Tchèque et la Pologne.

(2)     : Europe non OCDE. Source : AIE/OCDE-2000.

Dans ce contexte, des travaux ont été conduits afin d’analyser les liens entre l’évolution de la pollution de l’environnement et la croissance économique. Cette relation est mise en évidence dans la littérature par la courbe de Kuznets [4] (ou courbe en U inversée). D’un point de vue synthétique, son enseignement est le suivant : alors qu’au début de son développement, un pays connaît des niveaux de revenu par tête faibles et un environnement peu dégradé, progressivement de plus grandes quantités de ressources énergétiques et minérales sont utilisées tandis que les niveaux de la production et de la pollution s’élèvent. Puis, une troisième phase de développement orienté vers le développement des services et des technologies de l’information accompagne l’élévation du revenu par tête et conduit à une amélioration de la qualité de l’environnement [5] .

La croissance économique, via l’élévation du revenu par tête, et le niveau de dégradation de l’environnement sont donc intrinsèquement liés. Le facteur majeur explicatif de la courbe de Kuznets réside dans la modification de la structure de la production qui nécessite moins d’input énergie par unité de PIB. Autrement dit, on assiste à une diminution de l’intensité énergétique du PIB. Cette tendance est observée dans les pays industrialisés (cf. tableaux 5 et 6).

Tableau 5 : Intensité énergétique de quelques pays de l'Union Européenne et des États-Unis

(en tep par millier de US$ 1990, en parité de pouvoirs d'achat)


Tableau 6 : Evolution de l’intensité énergétique primaire en France de 1970 à 2001

Source des tableaux 5 et 6 : Observatoire de l'Energie, d’après AIE (1999). L'intensité énergétique primaire est définie comme le ratio de la consommation d'énergie primaire corrigée du climat sur le PIB marchand exprimé en volume.

Cependant, alors qu’un découplage entre la croissance économique et l’énergie devrait jouer, on constate une augmentation continue de la demande d’énergie finale. On assiste à une évolution croissante de la demande d’énergie dans le monde : de 1973 à 2000, la consommation finale d’énergie s’est accrue de plus de 65 % ! Cette tendance ne devrait pas s’inverser dans les prochaines décennies.

Cet apparent paradoxe est appelé « effet de rebond » dans la littérature économique. Tandis que l’utilisation de l’énergie dans la production diminue du fait d’amélioration des procédés qui permettent une élévation de l’efficacité, la consommation d’énergie dans son ensemble ne tend pas à diminuer mais continue à s’accroître (cf. tableaux 7 et 8). L’amélioration de l’efficacité énergétique ne garantit donc pas la préservation des ressources. Sur ce point, Binswanger [2001] écrit :

« Because the equipment becomes more energy efficient, the cost per unit of product or service that is produced with this equipment falls which, in turn, increases the demand for the product or the service. »

Si, selon certains auteurs [Berkhout and al., 2000], cet effet peut être considéré comme marginal (entre 0 et 15 % [6] ), des travaux récents semblent montrer qu’il n’en est rien si à la fois le niveau des revenus est élevé et les prix de l’énergie sont bas. Ce qui est le cas dans la plupart des pays industrialisés [Binswanger, 2001]. Lorsque l’effet de rebond est mis en évidence, il concerne principalement les systèmes de production de chaleur et le secteur des transports.


Tableau 7 : Consommation d'énergie par habitant

de quelques pays de l'UE et des États-Unis (en tep)

Tableau 8 : Consommation d’énergie finale en France (en Mtep)

Consommation d’énergie finale en France

1973

1980

2000

2001

2002

TOTAL (en Mtep)

133,6

134,1

157,9

159,6

162,1

 

Sidérurgie

12,5

10,7

6,2

5,7

5,9

 

Industrie

35,5

34,1

32,6

32,2

31,8

 

Résidentiel et tertiaire

56,2

54,0

66,7

68,3

70,4

 

Agriculture

3,0

3,2

3,0

3,1

3,2

 

Transports

26,3

32,1

49,4

50,4

50,9

 

Consommation finale non énergétique

10,9

11,8

17,4

16,4

16,1

 

Source des tableaux 7 et 8 : Observatoire de l'Energie.

L’enseignement que l’on peut tirer de l’effet de rebond est qu’il tend à minimiser à la fois la possibilité de lutter contre la raréfaction des ressources énergétiques et minérales, et d’observer un découplage durable entre la croissance économique et la pollution.

Dans ces conditions, il semble difficile de garantir la croissance en observant simultanément une hausse du revenu réel par tête, une réduction per capita de la pollution au niveau global et une conservation (quantité et qualité) du capital naturel (cf. tableau 9). Le progrès technique ne pourrait donc à lui seul autoriser le prolongement de la durée d’utilisation des ressources : leur consommation s’inscrirait à la hausse de manière absolue.

Tableau 9 : A propos de la croissance économique mondiale,

de l’énergie et de l’environnement

 

PIB par habitant

(en milliards de dollars)

2001

Croissance annuelle

du PIB par habitant

(en %)

1990-2001

Consommation de combustibles traditionnels

(en % de l’énergie consommée totale)

1997

Emissions de CO2

Par habitant

(en tonnes)

1999

Emissions de CO2

Part dans le total mondial (en %)

Pays en développement

1270

2.9

16.7

1.9

36.6

Europe Centrale et orientale et CEI

2094

-1.6

1.2

7.2

12.5

OCDE

22149

1.7

3.3

10.8

51.0

Monde

5133

1.2

8.2

3.8

100.0

Source : Rapport Mondial sur le Développement Humain 2003.

La problématique « croissance-développement-environnement » étant posée, nous souhaitons à présent  l’éclairer à partir des travaux de Georgescu-Roegen. Cette étape théorique nous conduira à préciser la conception entropique de la croissance économique et les limites de celle-ci dans un espace borné et fini.

3.     Autour de la croissance économique chez Georgescu-Roegen

3.1.  Une conception physiologique de l’évolution économique

Les travaux de Georgescu-Roegen abordant la question du changement économique s’inscrivent dans le prolongement de ceux de J.A. Schumpeter consacrés au développement économique [Ferrari, 2000]. L’influence de ce dernier sur la conception du changement économique est patente. Dans ce contexte, la dynamique du changement dans l’économie est portée par deux processus : la croissance économique lorsque les changements n’impliquent qu’une adaptation de l’économie à des données nouvelles (élévation de la productivité par exemple), et le développement économique lorsque ces changements bouleversent les structures économiques (nouvelles méthodes de production, diffusion d’une nouvelle technologie ou d’une source d’énergie par exemple). Or, seul ce second processus implique une évolution qualitative du système économique. La métaphore suivante illustre parfaitement ce propos [Schumpeter, 1934, p.64n] :

« Add successively as many mail coaches as you please, you will never get a railway thereby. »

La croissance est donc source de changements qui sont externes au processus économique tandis que le développement se traduit par des changements discontinus qui proviennent de l’intérieur du système, changements qui impulsent une évolution qualitative du processus économique. La vision du développement économique de Georgescu-Roegen est profondément Schumpeterienne. En effet, le changement est produit par l’introduction de nouvelles technologies dans l’économie afin de réduire les gaspillages de ressources naturelles (innovations d’économie et innovations de substitution inter-énergétiques).

Mais, fondamentalement, la conception du changement économique chez l’auteur témoigne de la place qu’occupe la thermodynamique dans l’analyse des phénomènes économiques. L’ouverture du système économique sur la sphère naturelle accorde un rôle majeur aux échanges entre les deux : une loi, la loi d’entropie, rend compte du processus de dégradation de l’énergie et de la matière et, par ce mouvement, conduit le système économique sur la voie de l’irréversibilité et d’une impasse à la croissance [Georgescu-Roegen, 1971]. Celle-ci trouve une expression physique, spatiale et temporelle dans un cortège de déchets, de pollutions et de dégradations des milieux naturels, vivants et inanimés. Comme l’écrit Miernyk [1999] :

“The major stumbling block to perpetual growth is one of the foundations of bioeconomics –the second law of thermodynamics, or the entropy law.”

Cette loi de la thermodynamique exprime la dégradation irréversible de l’énergie au sein d’un système isolé. L’évolution de ce dernier se traduit par le passage d’un état où l’énergie libre est transformée en énergie dissipée, caractéristique de son état final. Ce mouvement à sens unique supporte le changement qualitatif et irréversible du système qui s’exprime par le passage d’un état de basse entropie à un état de haute entropie. L’interprétation que donne Georgescu-Roegen de l’évolution économique est liée à l’enracinement physique du processus économique dans l’environnement naturel. En effet, elle se manifeste par une relation biunivoque entre l’environnement et l’économie : prélèvements sur les ressources naturelles et accroissement de rejets polluants.

Par ailleurs, dans la perspective d’un temps orienté par la loi d’entropie, l’activité économique est dotée à la fois d’une dimension physique et biologique. Sa  dimension physique se traduit par les prélèvements et les dégradations opérés sur les milieux naturels qui participent à l’augmentation de l’entropie de l’environnement. Sa dimension biologique trouve son origine dans l’évolution de l’humanité : l’homme a développé des instruments, des outils et des techniques lui permettant de prélever et de transformer des quantités croissantes de ressources énergétiques et minérales [7] . Ainsi, la position épistémologique prise par Georgescu-Roegen l’amène naturellement à considérer la question des liens entre l’économie et l’environnement dans sa nature bioéconomique [Georgescu-Roegen, 1978].

Dans ce contexte, l’évolution économique se manifeste par une dégradation continue de l’énergie et de la matière. La croissance économique conduit irréversiblement vers un double mouvement : la réduction de quantités de ressources de basse entropie terrestre et la dégradation de leur qualité. L’auteur propose la définition suivante de la croissance [Georgescu-Roegen, 1976, p.19] :

“There is a growth when only the production per capita of current types of commodities increases, which naturally implies a growing depletion of equally accessible resources. Development means the introduction of any of the innovations […]”

Dans une perspective écologique globale, la nature entropique du processus économique est à l’origine de la rareté. D’une part, la réduction des quantités de ressources utilisées s’accompagne d’une raréfaction des ressources in situ de manière irréversible, la biosphère étant un système fermé du point de vue de la matière. D’autre part, la dégradation qualitative des ressources naturelles conduit à l’accroissement de quantités de rejets et pollutions qui affectent durablement la biosphère (perturbations de cycles biogéochimiques, réduction de la biodiversité…).

Seule l’ignorance de la loi d’entropie peut conduire à soutenir l’idée d’une croissance économique possible dans un environnement fini. En dehors d’une telle conception, la croissance constitue une sorte de mythe chez l’auteur. Les principaux facteurs limitant de la croissance économique sont le taux global d’épuisement des ressources et le taux de pollution qui lui est associé [Georgescu-Roegen, 1976].

Par conséquent, si le changement économique est porté par la dimension qualitative du développement économique, il est naturel de se demander quels sont les moyens permettant de privilégier le développement et non la croissance. Le rôle joué par le progrès technique est ici essentiel dans la maîtrise de l’évolution entropique de l’humanité. En particulier, en autorisant une élévation de l’efficacité énergétique des transformations au sein des processus de production, les technologies peuvent contribuer à la réduction des émissions de rejets polluants et participer à la conservation des ressources in situ (réduction des gaspillages de ressources et économie d’énergie et de matière (réduction de la production de déchets).

Cependant, le progrès technique ne peut conduire à dissocier le développement économique de sa base bioéconomique. Le développement économique n’est pas un processus autonome : il demeure ancré dans l’environnement matériel et n’échappe pas aux lois de la physique. S’il existe des quantités de ressources disponibles sur la terre, ce qui conditionne le développement économique n’est pas leur niveau de disponibilité mais bien leur niveau d’accessibilité. L’idée est que seule une fraction de l’énergie disponible est accessible à l’homme par le biais de la technologie. L’accessibilité des ressources prélevées et transformées par les processus de production est limitée par le rendement thermodynamique de Carnot. Au final, la quantité de basse entropie terrestre est donc rare. Parallèlement, l’évolution démographique joue naturellement un rôle dans la pression exercée sur les ressources naturelles ainsi que sur le niveau de pollution.

Dans ces conditions, la question de la raréfaction des ressources demeure d’actualité. Ce point a d’ailleurs été illustré précédemment : localement, il existe des économies de ressources grâce au progrès technique, mais, globalement, la consommation de ressources dans l’absolu ne cesse d’augmenter à l’échelle de la biosphère (période d’industrialisation du 19ème (pays aujourd’hui développés) et 20-21ème siècle (pays en développement : Chine et Inde notamment). Sur ce point, la seule voie possible est celle assurant le remplacement des ressources fossiles par les ressources renouvelables. Le progrès technique peut y aider, de même qu’il peut assurer un recyclage partiel de la matière dégradée [Georgescu-Roegen, 1979].

Finalement, la question fondamentale qui est posée est la suivante : considérant que les modes de production et de consommation des pays aujourd’hui industrialisés sont remis en cause non pas tant par la raréfaction des ressources énergétiques mais par les dégradations que ces dernières font supporter aux milieux naturels et à la biosphère, est-il raisonnable de soutenir un objectif de croissance économique ? Ne faudrait-il pas proposer une croissance à taux nul, i.e. la croissance zéro ?

3.2.  La croissance zéro ou l’état stationnaire : une solution au problème écologique de l’humanité ?

L’état stationnaire d’une économie se caractérise par le fait que les variables par tête sont constantes dans le temps (caractéristique d’un état régulier), mais les variables en niveau le sont aussi. L’état stationnaire est un cas particulier d’état régulier (de long terme) de l’économie où le taux de croissance du produit, déterminé par la valeur du taux de croissance de la population, est égal à zéro [Arrous, 1999]. Dans ces conditions, l’état stationnaire s’accompagne d’un taux de croissance nul. C’est la croissance zéro.

On peut emprunter à Schumpeter la définition de l’état stationnaire [1954, tome 3, p.286] :

« un processus économique qui continue aux mêmes taux, ou plus précisément se reproduit simplement »

Le système économique se reproduit donc à l’identique, sans accumulation de capital par tête. C’est aussi ce que Marx appelle la reproduction simple. Pour Schumpeter, le développement économique est donc ancré dans les processus non stationnaires : en effet, il se manifeste par des changements qualitatifs (innovations, nouvelles combinaisons productives, nouvelles sources d’énergie) qu’un état stationnaire de l’économie ne peut contenir puisqu’il est par définition immuable, stable, « statique ».

Chez Georgescu-Roegen, l’état stationnaire a les mêmes propriétés qui conduisent le processus économique à se reproduire à l’identique et indéfiniment. Compte tenu de son analyse entropique de l’évolution économique, il apparaît difficile de trouver dans cet état reproductible indéfiniment une solution au problème écologique de l’humanité [8] . En particulier, l’auteur [1976] a montré l’incompatibilité de l’état stationnaire avec le règlement de questions environnementales telles que l’accumulation de pollutions ou les prélèvements de ressources [9] . Plusieurs raisons peuvent être avancées.

Tout d’abord, le problème que pose l’état stationnaire est celui de la finitude de l’environnement non pas tant du point de vue du stock mais plutôt du point de vue de la qualité des ressources nécessaires au fonctionnement des processus de production. D’une part, un processus à l’état stationnaire ne peut se passer d’un flux continu d’énergie et de matière pour fonctionner : le système n’est donc pas clos vis à vis de l’environnement naturel, même à l’état stationnaire. D’autre part, compte tenu de la dissipation de la matière, le stock de capital utilisé ne peut demeurer constant indéfiniment. En effet, la généralisation de la loi d’entropie à la matière conduit à l’impossibilité pour un système de produire indéfiniment un travail mécanique à taux constant. La conséquence est donc la diminution du niveau du capital, même en présence d’un processus de recyclage partiel [Georgescu-Roegen, 1981]. 

Cette généralisation de la loi d’entropie implique également l’impossibilité d’un recyclage total de la matière à l’échelle humaine. En effet, un tel recyclage ne pourrait s’appuyer que sur l’existence de processus réversible : toutes les molécules dissipées dans l’environnement pourraient être récupérées et assemblées de sorte que l’objet matériel retrouverait son état initial. Cependant, en physique, les processus qui sont réversibles s’opèrent à une vitesse très lente (absence de frottement), ce qui implique une durée infinie. Dès lors, le recyclage ne peut concerner qu’une seule partie de la matière dissipée dans un système clos.

Le maintien du processus économique dans des conditions inchangées ne peut être assuré que si les prélèvements d’énergie et de matière sont maintenus à des taux suffisants, ce qui implique nécessairement une dissipation de la matière et de l’énergie. Or, du point de vue de la matière, le problème est particulièrement aigu puisque la terre est un système fermé.

Il convient donc de considérer la finitude de la matière disponible et de veiller à l’économiser. A ce sujet, Georgescu-Roegen écrit [1976, p. 25] :

« Accessible material low entropy is by far the most critical element from the bioeconomic viewpoint. »

Cette position se heurte à celle des défenseurs de l’état stationnaire qui considèrent cet état comme équivalent à l’état stable d’un système thermodynamique ouvert. Ce dernier correspond à un état physique tel que le système maintient sa structure entropique constante grâce à son ouverture sur l’environnement (échanges d’énergie et de matière). Si ce concept peut présenter un intérêt pour les systèmes biologiques, il demeure cependant soumis à des conditions d’application strictes de sorte que l’état stable demeure approximatif et ne peut être envisagé que pour une durée finie [Georgescu-Roegen, 1976].

« This impossibility of a macrosystem not in a state of chaos to be perpetually durable may one day be explicitly recognized by a new thermodynamics law just as the impossibility of perpetual motion once was. »

Enfin, considérant que la nature ne se reproduisant pas à l’identique, il apparaît difficile de considérer qu’un processus économique ouvert sur la nature puisse se maintenir durablement dans un état stationnaire.

L’état stationnaire perpétuel est donc un mythe et ne constitue pas une solution au problème entropique posé par les activités économiques. La dissipation de la matière dans le processus économique rend impossible le maintient d’un stock de capital constant. Considérant les enseignements de la thermodynamique, le développement ne peut plus être envisagé que dans un contexte de décroissance [Georgescu-Roegen, 1976] :

“Undoubtedly, the current growth must cease, may be reversed. But anyone who believes that he can draw a blueprint for the ecological salvation of the human species does not understand the nature of evolution, or even of history, which is that of a permanent struggle in continuously novel forms, not that of a predicable, controllable physico-chemical process, such as boiling an egg or launching a rocket to the moon.”

La décroissance consiste à réduire le volume et non la valeur de la production. Au niveau de l’économie, il s’agit de produire des revenus avec moins d’énergie et de matière. La valeur de la production peut donc augmenter. La clé de ce changement réside à la fois dans la modification des processus de production et des préférences des agents économiques. Au niveau de la production, l’objectif visé est la réduction des flux de déchets et de pollutions, ainsi que des quantités d’énergie et de matière consommées. Cependant, comme l’a indiqué Bonaïuti [2001], il convient de revoir les préférences des agents afin que la décroissance de la production en termes physiques ne coïncide pas avec la décroissance de sa valeur. Ce découplage suggère ainsi à l’auteur de déplacer la demande de production de biens traditionnels (à impact écologique élevé) vers des biens relationnels permettant d’améliorer la qualité de vie (culture, bien-être, soins, espaces de liberté…).

4.     Bioéconomie, développement et décroissance durable

Tandis que dans les années 70, la problématique « croissance-développement-environnement » rejetait fondamentalement l’idée d’une croissance économique à taux croissant, l’approche bioéconomique de Georgescu-Roegen révèle combien l’idée même de croissance est incompatible avec le développement à l’échelle globale.

En analysant le fonctionnement du système économique sous l’angle thermodynamique, il inscrit la bioéconomie dans une portée planétaire et anthropologique, tant sur les plans physique (développement versus croissance) que temporel (perspective intergénérationnelle). Au niveau global, l’implication de la loi d’entropie implique alors de considérer le développement des sociétés dans une perspective historique et écologique. Les liens entre les générations présentes et futures deviennent essentiels dans l’élaboration des choix destinés à prévenir et guérir les effets des systèmes économiques.

« One of the most important ecological problems for mankind, therefore, is the relationship of the quality of life of one generation with another –more specifically, the distribution of mankind’s dowry among all generations. »

Le développement des générations successives doit alors s’appuyer sur une stratégie de conservation des ressources naturelles [Georgescu-Roegen, 1981]. La conservation des dotations d’énergie et de matière accessibles ainsi que l’harmonisation des besoins des générations présentes et futures résident au centre de son programme bioéconomique. En particulier, le problème écologique de l’humanité passe par une économie sur les stocks de ressources accessibles afin d’augmenter la durée de vie de l’humanité. Le rôle des innovations technologiques est ici fondamental [10] .

En prenant en compte la portée des bouleversements opérés par les processus économiques sur la biosphère, l’impératif humaniste de l’auteur rejoint le principe philosophique de responsabilité de Jonas [1979] :

« Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre. »

L’intervention de l’éthique régule le pouvoir de l’agir humain et prévient des menaces qui pourraient peser sur l’environnement et les générations futures. Cette orientation a une implication pour la théorie économique. Généralement, l’économie a pour rôle d’assurer l’allocation des ressources rares pour la satisfaction de besoins illimités. C’est donc l’objectif de maximisation d’un niveau d’utilité source de bien-être, sous contrainte d’un niveau de ressources donné, qui est fondamental. Si, à présent, on intègre la relation biunivoque de prélèvement et de rejet dans le champ de la discipline, alors l’objectif de maximisation est remplacé par l’objectif de minimisation des flux de rejets et de prélèvements afin de satisfaire un niveau de bien-être acceptable pour la société.

Compte tenu des incertitudes nombreuses qui existent sur les évènements futurs (notamment sur les distributions quantitatives de consommation), et considérant les effets sur les milieux naturels des modes de production et de consommation actuels, un allié du principe juridique de précaution pourrait être constitué par le principe  de minimisation des regrets de Georgescu-Roegen. Un tel principe économique pourrait contribuer à la mise en œuvre de sentiers de décroissance durable et autoriser un développement économique respectueux de l’environnement naturel.

Références bibliographiques

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Bonaiuti, M. (2001). La teoria bioeconomica, Carocci Editore, Roma.

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Georgescu-Roegen, N. (1976). Energy and economic myths, Pergamon Press, New York.

Georgescu-Roegen, N. (1978). “De la science économique à la bioéconomie”. Revue d’Economie Politique, LXXXVIII, 3 : 337-382.

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OMM (Organisation Météorologique Mondiale). (2001). Bilan 2001 des changements climatiques : les éléments scientifiques, Contribution du groupe de travail 1 au troisième rapport d’évaluation du GIEC.

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Tisdell, C. (2001). “Globalisation and sustainability: environmental Kuznets curve and the WTO”, Ecological Economics, 39:185-196.



[1] Nous qualifions de malthusienne la portée du rapport bien que Malthus ne prît pas en compte la dégradation de l’environnement et la raréfaction des ressources naturelles dans son approche.

[2] L’étude porte sur des ressources extractives marchandes (fer, pétrole, charbon, nickel, zinc…) pour la période 1870-1998.

[3] Parties par million.

[4] Une littérature très abondante est consacrée à la courbe de Kuznets. Quelques récents travaux méritent d’être mentionnés : [Jha, Murthy, 2003], [Focacci, 2003], [Pasche, 2002], [Tisdell, 2001].

[5] On peut noter cependant que cette courbe n’est pas vérifiée empiriquement pour toutes les pollutions. C’est notamment le cas des émissions de gaz carbonique où les résultats des études sont très variables.

[6] Si, par exemple, l’effet de rebond est de 15%, cela signifie que 15% de l’amélioration de l’efficacité énergétique induite par une amélioration technologique est compensée par une augmentation de la consommation.

[7] Cette évolution est qualifiée d’exosomatique selon la terminologie empruntée à A. Lotka.

[8] La perspective temporelle de long terme est celle de la loi d’entropie que Georgescu-Roegen qualifie par le concept de temps historique.

[9] Sur cette question, on peut noter une rupture avec l’approche de H.E. Daly [1973].

[10] De récents travaux ont montré quelques avancées technologiques notables dans le domaine de l’énergie. Sur ce point, le lecteur pourra se reporter à : Les Cahiers de Global Chance, « Débat énergie. Une autre solution est possible », numéro 17, septembre 2003.

 

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« Celui qui
croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »
Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.

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